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Lettre aux députés

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Écrit par François IZARD   
07-05-2008

Election présidentielle

infirmière élection présidentielle

À l’heure où les débats politiques s’engagent en vue des élections présidentielles de mai 2007, la Coordination Nationale Infirmière, syndicat professionnel infirmier souhaite connaître la place qu’occupe aujourd’hui dans ces débats l’avenir de 460.000 professionnels infirmiers et l’attractivité de notre profession pour les nouvelles générations. 

Depuis 1988, lors des grands mouvements infirmiers menés par la Coordination Nationale Infirmière, les infirmières réclament une réelle reconnaissance de leurs compétences et de leurs implications quotidiennes aux déroulements de la prise en charge des usagers quelque soit le secteur d’activité.
Aujourd’hui les conditions de travail des professionnels infirmiers se dégradent considérablement provocant une hémorragie d’infirmières dans les établissements de soins.
Garantes d’une prise en charge de qualité, les infirmières à qui on ne donne pas les moyens d’assurer leurs missions, préfèrent partir.

Actuellement une infirmière qui débute dans un hôpital public, après trois ans et demi de formation initiale “bénéficiera” d’un salaire de 1300 €, c’est à dire 100 € de plus que le salaire minimum.

Comment accepter une telle négation de notre profession ?

Comme vous le savez, un(e) infirmier(e) est en confrontation quotidienne avec la maladie, la souffrance, la mort, avec un rythme de travail souvent incompatible avec une vie familiale (jours, nuits, fériés, dimanches, horaires des écoles, crèches ou garderies) avec des responsabilités croissantes, avec un rôle propre incontournable et un rôle sur prescription en constante augmentation associé à un devoir de traçabilité très prenant.
La pénurie qui nous touche augmente la dégradation des conditions de travail avec impossibilité de prendre les repos et les congés annuels.

Le constat s’impose : la profession n’attire plus !

L’impact de cette réalité sur la politique générale de santé publique est à prendre en compte.

C’est pourquoi la Coordination Nationale Infirmière revendique pour tous ces professionnels la reconnaissance de leur implication par :

L’intégration des études dans le cursus européen LMD

La formation initiale d’une durée de 36 mois correspond à la Licence Universitaire. Cette intégration dans le cursus universitaire répond à la fois aux attentes de la profession, à son évolution et à la réglementation européenne. De plus, elle apporterait une reconnaissance attendue de longue date.

Une revalorisation salariale

L’évolution de la formation initiale vers un cursus universitaire induit de fait une évolution nette des salaires de la filière infirmière quelque soit la spécialité. Cette avancée implique le passage des infirmiers de catégorie B en catégorie A.
Notre organisation souhaite des négociations sur ces nouvelles évolutions et qu’elles prennent en comptent l’allongement de carrières. (Suppression  de la classe supérieure).
Des conditions de travail à la hauteur d’un service public de qualité à dimension humaine

Ouverture de négociations pour la mise en place de ratio soignants / patients. En effet, l’évolution des techniques majore les particularités de chaque spécialité médicale. Il nous paraît donc nécessaire d’adapter la prise en soins en définissant l’effectif le plus juste. Pour exemple, nous citerons le décret n° 2002-466 du 5 avril 2002 relatif  aux conditions techniques de fonctionnement auxquelles doivent satisfaire les établissements de santé pour pratiquer les activités de réanimation, de soins intensifs et de surveillance continue et modifiant le code de la santé publique.
D’autres sujets requièrent également une prise en compte comme la consultation infirmière, le transfert de compétences, le droit de prescription. 

Face aux attentes de longue date de la profession et à une réalité criante dans nos hôpitaux, nous vous sollicitons et comptons sur vous pour interpeller, sur ces sujets, le candidat à l’élection présidentielle que vous soutenez. Il nous semble en effet essentiel que ces questions fassent partie du débat politique qui s’engage.

En espérant que vous prendrez en considération nos demandes, veuillez agréer, Madame, Monsieur le Député, l’expression de nos salutations distinguées.

François IZARD, Président de la Coordination Nationale Infirmière (CNI)

Article paru dans le n° 24 (janvier 2007) de la revue de la Coordination Nationale Infirmière (CNI)

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Dernière mise à jour : ( 06-09-2010 )
 
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