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Ostéopathie : parcours d'une infirmière

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Écrit par Diane REVELLION   
08-12-2008

ide_osteopathie.jpgOstéopathie : parcours d'une infirmière

Infirmière diplômée depuis juin 1992, j’ai travaillé en service de réanimation post-chirurgie cardiaque et pulmonaire à Lyon pendant 7 ans, puis aux services des urgences d’Aix-en-Provence pendant 6 ans.
es diverses expériences m’ont beaucoup apporté sur le plan humain mais aussi sur le plan de la pratique infirmière, la connaissance des pathologies et leurs traitements...

J’ai eu l’occasion de découvrir les bienfaits de l’ostéopathie personnellement, la spécificité et l’originalité de cette approche m’ont amené à m’intéresser de plus près à ce domaine.
L’ostéopathie est une approche de l’être humain dans sa globalité. Elle aborde le patient sur un plan médical (anamnèse et tests médicaux) pour délimiter son champ de compétence puis sur un plan purement ostéopathique (tests et traitements). Il faut savoir que tout le corps, et pas seulement les os et articulations, se mobilisent. Ainsi on distingue l’ostéopathie musculo-squelettique, crânienne et viscérale. Par exemple, un estomac ou un pancréas se mobilise au même titre qu’une vertèbre. L’ostéopathe recherchera les restrictions de mobilité de tous ces éléments pour définir un schéma global de dysfonction du corps et mettre en place son traitement.

J’ai donc débuté mes études d’ostéopathie en 2002 par une formation en temps partiel à raison de 41 jours par an, accessible aux personnes ayant un cursus médical ou paramédical. Je suis actuellement en 6ème et dernière année. Cette formation comprend des cours d’anatomie, de physiologie, de sémiologie et pathologie, cours délivrés par des médecins nous amenant à réaliser des diagnostics d’exclusion afin d’orienter les patients sortant du champ de compétence de l’ostéopathe. Elle comprend aussi des cours de techniques ostéopathiques musculo-squelettiques, crâniennes et viscérales, avec des heures de pratiques encadrés par des ostéopathes.

La législation de l’ostéopathie est en pleine évolution. Enfin reconnue depuis la loi du 4 mars 2002, les décrets d’application tant attendus ne sont parus qu’en avril 2007. Un ostéopathe peut être consulté en première intention, peut formuler un diagnostic, en déduire un traitement à appliquer ou de pratiquer des actes de prévention. Ce titre d’ostéopathe n’est délivré qu’à ceux issus d’une école agréé par l’Etat.

Actuellement les études d’ostéopathie restent accessibles aux infirmières. Hélas pour elles, les décrets ont entrainé une augmentation du nombre d’heures de formation à effectuer, comme pour les sages-femmes, pharmaciens, ergothérapeutes… Les études d’ostéopathie comprennent 1.225 heures de formation pour les médecins et les kinésithérapeutes. Les infirmières, elles, devront désormais réaliser 700 heures de sciences fondamentales (traumatologie, neurologie, rhumatologie, …) en plus de ces 1.225 heures.

Pourquoi ces heures en plus pour les infirmiers (ères) ?

Les lobbys de médecins et de kinésithérapeutes, très présents lors des négociations pour la rédaction des décrets d’application de la loi de 2002, ont cherché à s’approprier l’ostéopathie.

Le nombre d’infirmier(ère) s’orientant vers l’ostéopathie restant très minoritaire par rapport à celui de ces deux professions, aucune instance nous concernant n’était présente pour nous défendre. Ces heures supplémentaires de sciences fondamentales  me semblent injustifiées en raison du niveau d’études acquis lors de nos études d’infirmier(ère) et de notre pratique sur le terrain en milieu hospitalier ou extra-hospitalier.
De plus, lors de la mise en place des décrets, les négociateurs ont porté préjudice à la formation en retirant de l’enseignement d’origine celui  de l’ostéopathie viscérale et crânienne pour l’obtention du diplôme. Heureusement des écoles ont maintenu cet enseignement par 2 années supplémentaires. L’intervention d’une instance représentative d’infirmier(ère) ou un syndicat (CNI) pourrait-il  faire évoluer notre situation ?

Quand ma décision d’entreprendre des études d’ostéopathie a été prise, je travaillais encore dans le service des Urgences du Centre Hospitalier d’Aix-en-Provence. J’ai fait une demande de  prise en charge financière à l’ANFH. Mes requêtes ont toujours été refusées sous prétexte que les décrets d’application n’étaient pas parus. Après avoir cotisé 13 ans à l’ANFH et devant le refus de cette prise en charge, ma déception fut telle que je me suis dirigée vers le monde du libéral(e). J’y trouvais une aisance financière et une gestion de mon planning plus souple. En outre, le métier d’infirmier(ère) libéral m’a permis de découvrir la prise en charge d’une personne à domicile et le rôle important du relationnel auprès des patients.

Si mon projet avait été financé (ce à quoi j’avais le droit depuis le vote de la loi du 4 mars 2002), je serais toujours à l’hôpital à ce jour car j’y apprécie le travail en équipe et le contact permanent avec le monde médical important dans l’approche global de l’être humain, appliqué par l’ostéopathie.
Maintenant l’ANFH est obligée de prendre les études d’ostéopathie en charge depuis avril 2007.

À mon avis, l’ostéopathe doit faire partie d’une équipe médicale et/ou paramédicale pour une meilleure prise en charge du patient dans les milieux hospitaliers. Je souhaite que les milieux de la Santé Publique évoluent favorablement dans ce sens.
Peut-être retrouverais-je un jour le milieu hospitalier ?

Diane REVELLION, Infirmière Libérale

Décret n°2007-435 du 25 mars  2007 relatif aux actes et aux conditions d'exercice de l'ostéopathie, version consolidée au 31 décembre 2008.

Article paru dans le n° 26 (janvier 2008) de la revue de la Coordination Nationale Infirmière (CNI)

ostéopathie formation infirmière COE

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Commentaires
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VALERIE   |2008-12-09 17:58:00
Je suis tout à fait d'accord avec toi Gerard!
GERARD   |2008-12-09 17:54:36
A mon avis, le nombre d'heures d'études pour vous, medecins kinésithérapeutes et surtout infirmièrs et loin d'êre suffisant. Mon ostéopathe est issu d'une formation temps complet ou il a effectué 5500h de formation!!!!! Pour être sûre de choisir un bon osteopathe, verifier qu'il soit ostéopathe DO.
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