1988 - 2008 : la Coordination fête ses 20 ans |
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| Écrit par CNI | |
| 23-12-2008 | |
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Mouvement infirmier de 1988
Publié par Eric DELMAS mars 18th, 1998 dans Politique & vie professionnelle, Histoire
Début 1988 les infirmières françaises sont “mûres” pour exploser.
Cela fait 15 ans que la “Prime Veil” de 250,00 F. constitue leur
dernier progrès salarial ; cela fait 10 ans que leur statut est passé
de celui “d’assistante du médecin” à celui “de professionnelle
indépendante” sans que le surcroît de charge de travail qu’impose cette
situation se soit traduit en surcroît de reconnaissance et de
valorisation. En décembre 1987, un arrêté ministériel (Mme Michèle Barzach) remplace le baccalauréat ou l’examen de niveau nécessaire pour se présenter à l’école d’infirmières par la simple inscription depuis cinq ans à la Sécurité sociale et examen du dossier de la candidate. Le 25 mars 1988, l’UNASIIF - la CFDT et la coordination des infirmières anesthésistes appellent à une manifestation contre l’arrêté Barzach. Cette manifestation se termine comme toujours, sans réelle réponse, du pouvoir et sans que les organisateurs donnent le sentiment de vouloir en découdre davantage. C’en est trop pour la soixantaine de collègues qui se retrouvent à la fin de la manifestation. Quelques jours plus tard, ils sont cinq, dans les locaux du comité régional de coordination (CRC) de la CFDT, où ils jettent les bases de la Coordination régionale des infirmières d’Île de France. Le printemps sera consacré à des réunions de commissions et à des assemblées générales qui se sont fixé la tâche de réaliser la plate-forme revendicative. L’arrivée du nouveau gouvernement laisse apparaître un espoir qui est vite déçu.
C’est le 14 juin, à la Bourse du Travail de Paris, qu’est votée la
plate-forme revendicative et qu’est décidée la manifestation du 29
septembre 1988. Le 5 septembre à “l’heure de vérité“, le professeur Léon Schwartzenberg annonce la manifestation du 29 septembre. Ce service rendu à la Coordination sera un élément majeur d’une mobilisation que les plus optimistes ne voyait pas dépasser les 5 000 infirmières. Elle seront de 20 à 50 000 selon les estimations de la police et des organisateurs. Septembre : La mobilisation imprévue Le 29 septembre 1988, la manifestation, organisée par la coord Île-de-France, part de Montparnasse et se rend au ministère où la coordination ne sera pas reçue. Grave erreur du ministre qui pensait pouvoir étouffer le mouvement en rejetant ses leaders considérés non représentatifs.
L’importance de la mobilisation a surpris tout le monde et a dopé
les participants qui vont faire “tâche d’huile” à leur retour dans les
services. La presse s’en est largement fait l’écho, tant la surprise fut grande.
Toute la presse découvre et s’emballe pour ce mouvement aussi spontané qu’imprévu. Comparatif salaires Article de J. Julliard
En octobre, une fois la surprise passée, la presse s’empare du sujet
qui présentent d’évidentes qualités journalistiques : mouvement non
syndical, personnel traditionnellement calme, bénéficiant d’une côte de
sympathie immense dans la population, “fraîcheur” et parler vrai des
représentants - pour la plupart novices en la matière, intérêt évident
de la population pour les problèmes liés à la santé, etc. Le 5 octobre, le gouvernement reçoit enfin la coordination pour “faire retomber le soufflet”. Malheureusement, le ministère ne comprend pas le mouvement et reste accroché à sa vision du monde du travail où le seul interlocuteur reste le syndicat traditionnel multi-professionnel. Ce gouvernement de gauche compte des liens forts avec le monde syndical qui fait pression tant l’inquiète cette “dérive” de personnels qui refusent de se syndicquer et qui prennent en main la défense de leurs intérêts. Si l’Unassif retire son mot d’ordre de grève, la Coord, elle, le maintient car les promesses sont vagues, y compris en ce qui concerne une place à la table officielle des négociations. Les strapontins offerts par certaines organisations sont refusés car ils aboutiraient à une négation du mouvement en cours. Après la réussite surprise de cette première manifestation et la déception de la réaction de ce gouvernement, pourtant considéré comme plus favorable que le précédent, les infirmières décident de s’organiser.
L’après-midi du 29, une assemblée générale se tient à la Bourse du travail.
La préparation de la grève occupe toute la semaine et les collègues
s’organisent pour trouver des financement. En faisant signer des
pétitions, en faisant la quête, en fabriquant des badges, etc. tous les
moyens sont bons et l’imagination tourne à plein régime. Le 6 octobre, le succès est à la hauteur des efforts. Plus de 40 000 infirmières sont présentes à la manifestation. Au départ de la place Denfert-Rochereau, sous la pluie, le cortège s’ébranle dans la joie.
Arrivé au ministère le cortège attend le retour de la délégation
pour apprendre que le ministre propose de débloquer un milliard de
francs pour les seules infirmières du public, soit moins de 300 francs
par personne.
Une nouvelle journée d’action et de grève est donc décidée pour le 13 octobre.
La toute neuve Coord nationale voulait faire du 13 octobre
un rendez-vous majeur de la profession. Les collègues ont répondu
“Présent”. La place de la Bastille est prise d’assaut par une foule
qui, très vite déborde de partout. La tête de la manifestation aura
parcouru plus de la moitié du trajet menant au ministère avant que les
derniers manifestants n’aient quitté la place de la bastille.
La manifestation se termine devant le ministère mais, devant le
refus du ministre de nous recevoir, elle se déplace alors spontanément
vers la résidence du Premier ministre située à quelques centaines de
mètres de là. |
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| Dernière mise à jour : ( 06-09-2010 ) |
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