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Hôpitaux : en province aussi, l'exigence de rentabilité se fait sentir

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Écrit par la croix.com   
25-06-2010
En 2008, 26 centres hospitaliers régionaux sur 30 étaient en déficit. Obligés de revenir à l’équilibre, de nombreux CHU ont engagé des plans d’économies et de suppressions de postes

«Aujourd’hui, à l’hôpital, il n’y a plus qu’un seul maître mot, celui de rentabilité. » Hier, Nathalie Depoire s’était mobilisée pour défiler en faveur de la défense des retraites. Mais la présidente de la Coordination nationale infirmière restait malgré tout très prolixe pour évoquer les restrictions budgétaires dans les hôpitaux.

« La dégradation des conditions de travail des infirmières est évidente. Beaucoup d’entre elles disent qu’elles n’ont plus assez de temps à consacrer au relationnel avec les patients ou leurs proches », assure-t-elle.


Aujourd’hui, tous les établissements de France doivent se conformer à l’objectif affiché par les pouvoirs publics, celui du retour à l’équilibre financier à l’horizon 2012. Un vrai défi pour nombre d’hôpitaux, en particulier les CHU, dont les comptes sont toujours « dans le rouge ». Selon un récent rapport de l’Assemblée nationale, en 2008, 26 centres hospitaliers régionaux sur 30 étaient en déficit.


Mutualisation de certains services

Au cours des dernières années, de nombreux hôpitaux de province ont donc été contraints d’engager des plans de réduction budgétaire, en ayant le plus souvent recours à des suppressions de postes. « C’est impossible de faire autrement, plaide un directeur d’établissement. Dans un hôpital, les charges de personnel représentent 70 % des dépenses et il est illusoire de penser qu’on peut arriver à l’équilibre sans supprimer des postes. » En décembre dernier, par exemple, le CHU de Rouen a présenté un plan prévoyant la suppression de 162 postes.

Confronté à un déficit de 31 millions d’euros, le CHU de Nantes a, lui, instauré dès 2008 un plan de départs volontaires auquel ont souscrit 180 agents sur un effectif total de 8 600 personnes, dont 490 médecins.


« Aujourd’hui, il n’est pas prévu de supprimer d’autres postes mais nous faisons très attention aux dépenses de remplacement des personnels qui se trouvent en congé », indique Sandrine Delage, directrice-adjointe du CHU.


« Au sein de l’hôpital, le personnel avait 32 jours de congé contre 28 dans les autres hôpitaux. On a donc décidé de supprimer ces quatre jours supplémentaires pour revenir dans la norme », précise cette responsable, en ajoutant que des économies vont aussi être réalisées grâce à la mutualisation de certains services qui seront prochainement regroupés sur un même site.

Contre le "discours catastrophiste ambiant"

À Nantes, comme à Paris, c’est évidemment la même question qui revient : celle de l’impact de ce serrage de vis sur la prise en charge des patients. « Pour l’instant, on ne peut pas dire que la qualité des soins a été altérée. Ce qui a surtout été touché, c’est la qualité de vie du personnel à qui on demande toujours plus, estime Christian Le Floch, secrétaire de la section CFDT du CHU. Mais les contraintes de rentabilité qui sont désormais imposées font courir un vrai risque d’aboutir un jour à un contingentement de certains médicaments ou traitements, comme aux États-Unis », ajoute-t-il.

Responsable du service des urgences et président de la commission médicale d’établissement, le professeur Gilles Potel s’insurge, lui, contre le « discours catastrophiste ambiant » sur les hôpitaux. « À entendre certains syndicalistes ou même certains médecins, nos hôpitaux seraient dans le même état que ceux de pays africains très défavorisés. Il faut arrêter ce délire ! Même si aujourd’hui, nous sommes moins à l’aise financièrement, c’est un mensonge que d’affirmer que nous soignons moins bien les malades », assure-t-il.


De son côté, le professeur Paul Barrière, chef du pôle mère-enfant, reconnaît que certaines mesures de rationalisation budgétaire étaient nécessaires. « Pour l’instant, la qualité des prises en charge n’est pas touchée. Mais il est clair que nous sommes en situation de flux tendu. Certaines unités de l’hôpital sont sur le fil du rasoir en matière de gestion du personnel, et peuvent de moins en moins remplacer le personnel absent. »

Pierre Bienvault, la croix.com

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Dernière mise à jour : ( 07-06-2011 )
 
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