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"C’est l’hôpital public qu’on assassine"

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Écrit par Le JDD   
02-10-2010
Bernard Debré est à la fois élu UMP et détracteur de la réforme de l'hôpital public. (Reuters)

Vous partagez les inquiétudes du Mouvement de défense de l’hôpital public qui fustige la politique du gouvernement à l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris. Pour un élu UMP parisien, ce n’est pas banal…

Je suis sarkozyste et je le reste. Je ne demande pas la carte de militant à mes patients avant de les soigner. Quand je défends l’hôpital public, je ne fais pas de politique… Mais je constate qu’il y a une ambiance épouvantable à l’Assistance publique. Nous subissons de plus en plus de grèves perlées. En tant que chef de service, je n’avais jamais ressenti un tel malaise. Les relations sociales sont extrêmement tendues. J’ai été obligé de déprogrammer une trentaine d’interventions en raison du dernier mouvement des infirmières anesthésistes ; un mouvement symptomatique du mal dont nous souffrons. Et on nous prévient que d’autres préavis pourraient être déposés dans les prochains jours. Alors il ne faut pas se leurrer, ces patients que l’on malmène vont fuir vers le privé… C’est l’hôpital public que l’on assassine.

Il y a toujours eu des revendications catégorielles à l’hôpital. En quoi celles d’aujourd’hui sont-elles différentes?
Je constate un manque total de confiance dans les politiques publiques. Les conditions de travail deviennent de plus en plus difficiles. Il manque 15 infirmières dans un service, dix dans un autre. Nous sommes contraints de fermer des lits, des blocs opératoires… L’hôpital est devenu un lieu d’affrontement.

Le "plan stratégique" prévoit 4.000 suppressions de postes sur un effectif total de 94.000 personnes à l’AP-HP. Il est difficile à croire que cela soit réellement insurmontable. Cette colère n’est-elle pas un caprice de mandarins trop gâtés?
Vous plaisantez! A Cochin, il y a quelques semaines, nous avions recours à 92 infirmières intérimaires. Elles coûtent trois fois plus cher que celles de la maison. C’est un luxe dont nous nous passerions volontiers si nous avions suffisamment de monde. Quant à nous, praticiens hospitaliers, heureusement que nous avons les médecins étrangers pour nous aider… La vérité, c’est que nous n’avons jamais été autant à flux tendu. Nous sommes sur la corde. Quand je fais ma commande de matériel, je dois arbitrer entre une table roulante pour servir les plateaux- repas et un cystoscope.

Le conservatisme des pontes de l’hôpital qui, pendant des années, se sont accrochés à leur pouvoir n’a-t-il pas rendu l’AP-HP ingérable?
Sans doute avons-nous notre part de responsabilité. Cet échec est le fruit de vingt ans d’erreurs politiques de part et d’autre. Aujourd’hui nous sommes tous embarqués dans un bateau ivre qu’il faut ramener au port. Les "mandarins", comme vous dites, sont avant tout les membres d’une communauté médicale. On peut tout nous reprocher sauf notre volonté de soigner. Nous sommes prêts à revoir notre organisation. Ce que nous rejetons, c’est la logique comptable du gouvernement. Avant de faire des économies, il faut restructurer. Un vieil établissement pavillonnaire nécessitera toujours plus de personnel qu’un bâtiment flambant neuf.


Marie-Christine Tabet - Le Journal du Dimanche

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Dernière mise à jour : ( 07-06-2011 )
 
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