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Infirmières et infirmiers au bord de la crise de nerfs à Paris et ailleurs

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Écrit par AFP   
12-11-2010

Conditions de travail dégradées, manque d'effectifs, salaires peu élevés, épuisement professionnel : la grève des infirmières de

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Infirmières à l'hôpital de Tenon, dans le 20e arrondissement de Paris, le 9 novembre 2010
l'hôpital parisien de Tenon (XXe arrondissement) révèle une crise de la profession qui couve depuis plusieurs mois, en particulier à Paris.

 

Sur le mur du service des urgences de cet établissement, situé non loin du cimetière du Père Lachaise, une banderole "bienvenue aux urgences", ornée d'un dessin de cercueil, donne l'ambiance.

A l'intérieur de l'hôpital, dans les couloirs, les salles d'attente, les bureaux, bien d'autres affiches crient le mal-être du personnel paramédical, en grève depuis six semaines, mais assignés à leur poste quotidiennement par la direction de l'hôpital.

Les urgences sont le service où la crise est la plus aiguë. C'est là où par deux fois, le week-end des 2 et 3 octobre et le week-end dernier, une poignée d'infirmières, au bout du rouleau, ne s'est pas rendue au travail.

La première fois, elles s'étaient portées malades au dernier moment. La deuxième, elles ont invoqué leur droit de retrait.

"Nous avons des trous dans le planning tous les jours, qui sont comblés par l'intérim", explique à l'AFP Etienne Hinglais, le médecin chef des urgences.

"Cela pose des problèmes car quelles que soient les qualités des infirmières intérimaires, elles ne connaissent pas l'hôpital et ne sont pas forcément formées aux urgences", ajoute-t-il.

Et cela présente des risques pour les malades. "Notre crainte, c'est que du fait du manque de personnel, on ne puisse travailler assez vite, assez bien (...) et qu'on puisse mettre en danger la vie d'un malade", estime Etienne Hinglais en tentant d'expliquer le message un peu fort de la banderole.

"Ce que je constate, c'est une fatigue des infirmières, générée par un manque d'effectifs", estime pour sa part Christine Chassenieux, cadre infirmière depuis deux ans aux urgences.

La pénurie d'infirmières touche l'ensemble de l'hôpital Tenon où une cinquantaine de postes, soit environ 10% des effectifs, ne sont pas pourvus.

Il ne s'agit donc pas d'un problème d'embauche, mais de recrutement. Les jeunes infirmières qui commencent leur carrière dans cet hôpital le quittent dès la fin de leur contrat. Et d'autres hésitent à y venir.


Ce "blues" des infirmières des hôpitaux publics n'est pourtant pas propre à Tenon mais il est très répandu, spécialement dans la capitale, un peu moins en province, avec des exceptions comme par exemple Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).

"Il y a un vrai problème infirmier à Paris intra-muros", diagnostique François Haab, chef de service en chirurgie.

Selon lui, la crise aurait pu éclater ailleurs, car elle intervient à la période automnale, traditionnellement problématique pour la profession : les mutations ont déjà eu lieu et les infirmières sortant des écoles ne prennent leur poste qu'en décembre.

"Ce décalage est aberrant et connu depuis des années" juge-t-il.

S'ajoute à cela les difficultés de logement dues aux loyers élevés de la capitale alors que les infirmières débutent avec un salaire d'environ 1.200 euros.

"Plus elles s'éloignent de Paris, plus elles sont difficiles à embaucher", convient Marie-Noëlle Gerain Brouzard, directrice adjointe du groupe hospitalier dont dépend Tenon, après les regroupements d'établissements opérés à Paris.

Beaucoup d'infirmières quittent le public pour le privé - où elles sont mieux payées -, se contentent de l'intérim ou même quittent la profession. "Je pars dans 22 jours", décompte Myriam, 36 ans, agressée physiquement à deux reprises par des patients. Mais elle ne sait pas encore pour quel autre avenir.

Par Hervé LIONNET PARIS (AFP)

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Commentaires
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Rosé Claudine  - le blues des infirmières   |2010-12-01 18:21:12
ya pas qu' a Paris , croyez moi, les conditions se dégradent a vitesse grand V dans tout le pays... quel, manque de reconnaissance, c'est vrai qu' a Paris , ils pourraient fournir une chambre, un studio a proximité, on travaille en horaire décalé, prendre le bus ou le tram a 5 H du matin ou 22 h , arriver fraiche et concentrée apres 1 Heure de transport, quel ,courage, et on s'étonne qu'elles s'en aillent ! dans 4 a 5 ans le vrai PROBLEME se posera, qui va soigner les patients, 50% PARTIRA A LA RETRAITE ....et la relève est loin tres tres loin d'etre assurée .. et je serai peut etre malade d'ici la ??
bob  - greve   |2010-11-24 16:49:35
CHU DE CLERMONT-FERRAND 17 SERVICES EN GREVE
89 POSTE DIDE MANQUANTS DONT 10 AUX URGENCES REMPLACES PAR LES RETOURS INCESSANTS DES PERSONNELS EN PLACE------SURTOUT CONTRACTUELS QUI SONT HARCELES AU TELEPHONE
HEURES SUP NON PAYES
PROMESSES NON TENUES
DEBUT DECEMBRE / 9 IDE ARRIVENT DONT PROMOS PROFESSIONNELS QUI NONT PAS ENVIE D VENIR ET NOUVEAUX IDE------NON MOTIVES NON PLUS

MARRE DE LA DIRECTION QUI SE REMPLIT LES FOUILLES SS RIEN FAIRE POUR LE PERSONNEL ET INDIRECTEMENT POUR LES PATIENTS
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