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Témoignages d'infirmières et d'infirmiers sur leurs conditions de travail

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Écrit par CNI Coordination Nationale Infirmière   
07-03-2011
Témoignages d'infirmières et d'infirmiers sur leurs conditions de travail

STOP : je jette ma blouse !

Monique, IDE depuis 93 dans le Nord

Après quinze ans d’exercice à l’hôpital, je dis stop !
Trop, c’est trop ! J’ai choisi cette profession pour soigner, prendre soin de l’autre. Certainement pas pour l’argent (je gagne 1.950 € par mois après quinze ans) avec la charge de travail et les responsabilités : le jeu en vaut-il la chandelle ? Mais je n’arrive plus à soigner… Je cours ça oui !
Je prépare des perfs, des injections à la chaine ça oui !
Je ne m’en sors pas, vous êtes mal organisée m’a-t-on dit !
A peine le temps d’une pause pipi et 10mn pour grignoter à l’office mais surtout ce sentiment trop lourd de ne pas arriver au bout, de manquer de temps pour mes patients...
Alors avant de sombrer dans la déprime je dis stop.
J’ai trois enfants je prends donc ma retraite et je vais devenir assistante maternelle agrée et là je pense me réaliser professionnellement !


J’adore mon métier

Marie-Do, IDE depuis 1989 dans l’Ariège

« Je voulais faire un métier où j'aiderais les autres. J'ai vu des miracles, des gens que l’on croyait perdus, finalement s’en sortir c'est pour cela  que l’on fait ce métier, ces moments où tout se passe bien nous donnent l'envie de continuer malgré nos conditions de travail déplorables, car parfois nous pouvons être démotivés de voir des gens mourir ».
« Nous sommes considérés comme des Bac + 2 alors que nous sommes à + 3, + 4 ou + 5 et en plus nous sommes mal payés malgré que l’on fasse des heures pas possible, que l’on travaille le dimanche, et pour couronner le tout, on ne parle de nous que dans le négatif. « Nous ne recherchons pas forcément les félicitations mais c'est rare d'entendre "Bon travail".


Il faut que cela cesse

Eric, IDE depuis 1989 dans la Haute Garonne

Plus que jamais nos conditions de travail se dégradent, nous sommes sans arrêt en train de courir dans les services d’un patient à l’autre de sorte qu’ils ne sont plus considérés comme des êtres humains mais comme un maillon sur notre chaîne de travail.
Il faut rajouter à cela une pression insupportable maintenant que l’hôpital public est devenu avec la T2A une entreprise à but lucratif.
Il faut que cela cesse, il faut crier haut et fort notre souffrance, il faut agir et communiquer pour que nos conditions de travail change et que nos salaires soient revalorisés avec enfin une reconnaissance universitaire de notre formation.


Offrez donc des stylos à nos médecins !infirmiere_condition_travail.gif

Sylvie, IDE depuis 1998 dans le Sud-Ouest

Dix ans de DE et toujours la même galère pour les prescriptions.
En dix ans, j’ai changé deux fois, d’hosto et cinq fois de service (réa, urgences, cardiologie, chirurgie, pool), j’ai fait du jour de la nuit parfois les deux…
J’ai quitté un service de réa au top pour suivre mon mari… Quelle galère ! Non pas mon mari : ce nouveau poste, le pool de remplacement de nuit. Ça fait déjà trois mois mais je ne m’y fais pas.
J’ai quitté les prescriptions informatisées pour retourner au kardex, bon ça je peux m’y adapter mais devoir me battre pour que le médecin fasse une prescription écrite ça non je refuse !
Je comprends bien qu’à trois ou quatre heures du mat on est mieux dans son lit mais bon sang s’ils sont de garde c’est bien pour bosser non ? et ils gagnent plus que 10 E (brut) la nuit pour nous envoyer nous faire voir. Alors que faire face à ce patient qui souffre et qui est de plus en plus agressif avec moi (verbalement heureusement !) ben oui forcément c’est moi « la c….. qui n’est pas foutue de lui faire une piqûre pour le calmer ».
Ce n’est pas tant les noms d’oiseaux qui me gênent, ça je peux comprendre…
Ce qui me dérange et m’énerve c’est d’avoir laissé un mot au cadre de jour pour proposer un travail afin de mettre en place des protocoles… Sa réponse : « vous comprenez, c’est difficile les médecins sont débordés il faut comprendre… blabla bli et bla bla bla ! ».
Et je passe sur le fait qu’elle me téléphone à onze heures sachant pertinemment que je dors ! Flûte et reflûte !


Coup de gueule !

Sylvie, IDE depuis 1986 en Franche Comté

Les années passent mais j’aime toujours autant mon métier et pourtant je ne pars plus avec le même entrain à l’hôpital. Mon travail a changé, les techniques ont évolué et notre rôle aussi.
J’en ai connu des galères et je m’en suis toujours sortie. C’est dur tous les jours, on manque de tout, de matériel et de personnel. Il pleut des notes de service de plus en plus décalées, tellement que je voudrais bien prendre ces directeurs dont je connais à peine le nom par la peau des…. pour les traîner dans les services et leur montrer la vraie vie. Une journée dans le service ; rien qu’une pour se mettre à notre place et répondre aux malades, à leurs familles…
Ce qui me met le plus en colère, c’est l’inertie de mes collègues.
Ah ça pour râler y a du monde ! Faut entendre les tirades dans les vestiaires…
Mais pour réagir personne ou si une poignée de blouses blanches : ridicules !
J’étais dans la rue à la fin des années 80 ; ah c’était une autre époque, on se posait pas tant de questions on y allait.
Aujourd’hui, il y a les assignations du personnel minimum soit quasiment l’effectif de tous les jours et celles qui sont en repos ne se mobilisent pas... pour x bonnes raisons bien sûr !
Mais oui, continuez à faire les autruches.
Continuez à dire aux étudiantes que vous encadrez : « ne fais surtout pas comme ça le jour de l’évaluation, mais tu comprends, on n’a pas le choix… ».
Continuez ainsi, ne vous positionnez pas aujourd’hui pour défendre la qualité des soins.
Mais qui vous soignera demain ? Là, vous n’aurez plus le choix !


Mauvaise direction !

Aurélie, IDE depuis 2006 en Lorraine

C’est juste avant le lycée que j’avais fait ce choix ; au début tout le monde a rit en m’accusant de faire une overdose de ma série préférée à l’époque « Urgences ». Mais ma décision était prise et je suis allée au bout de mes années d’IFSI et j’ai décroché le fameux D.E ! Mon premier poste : les urgences bien sûr !
Quelle déception ! Bien sûr je n’avais pas la naïveté de croire que les médecins seraient aussi craquants que Georges Clooney… Non le décalage c’est plutôt le nombre d’infirmières dans le monde réel, la crise du manque de lit et les patients qui restent des heures sur les brancards.
Mes horaires aussi, je savais d’emblée que je devrais travailler les week-ends et les nuits… mais là c’est trois voire quatre week-ends de suite ; je passe du jour à la nuit sans transition sans vraiment respecter le planning prévu car on nous rappelle sans arrêts pour remplacer une collègue en maladie ou en congé de maternité…
Bien sûr, je suis jeune et sans enfants alors je suis disponible !
Cela va faire bientôt deux ans que j’essaie, je vous jure que j’ai serré les dents plus d’une fois mais non je n’y arrive pas ! J’ai décidé de me réorienter, je démissionne pour reprendre des études.
Ai-je vraiment pris la mauvaise direction ? Ce dont je suis sûre c'est que j'aime  être infirmière et que je refuse de travailler comme ça !

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Commentaires
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b.EL  - 5 années!stop!   |2011-03-17 11:51:06
je comprends votre désarroi !
diplômée en 2005,5 années dans un service d'urgence et de SMUR en région parisienne m'ont suffi pour claquer la porte de l'hôpital!et sans regret!! je suis infirmière a l'éducation nationale,même si le salaire n'est pas top,j'ai des horaires correctes et je travaille dans un domaine plus intéressant :la prévention.
si je suis partie ,si jeune,c'est que j'avais le sentiment de ne plus faire mon travail correctement c'est pourquoi j'ai claqué la porte et je suis partie!
j'adoooorrrrreeeee mon métier pourtant!!j'adore la technique,le monde médical..
mais là les conditions sont justes impossibles!
Anonyme   |2011-03-12 09:30:07
Moi ça fait 15 ans que je suis ide avec toujours la même envie d'aller travailler mais après avoir travaillé dans 3 hopitaux differents et qq services je dois avouer ma lassitude ...les conditions de travail se dégradent...manque de personnel , surcharge de soin ,parfois aggressivite des patients et des familles qui ne voient pas notre charge de travail, relation avec les medecins pas toujours faciles, relation avec les cadres de plus en plus difficiles...je crois que ce qui me gene le plus c'est la pression des cadres ;ils ont probablement des directives mais nous culpabiliser quand on ne peut pas revenir travailler c est pas normal ! nous sucrer des jours de repos sans nous prevenir, en nous rappelant que le planning est previsionnel ! mais nous notre vie prive est aussi previsionnelle ! je ne suis pas corveable a merci a l hopital... je refuse de tout accepter ...ca suffit
et encore je ne parle pas de cette aberration de reclassement en categorie A ...moi formidable je vais gagner 9 ? et surtout le droit de travailler au moins 3 ans de plus
accepterons nous de nous faire soigner par des gens de plus de 60 ans !
pour ma part je ne suis pas sure d etre encore capable de courir comme ca encore longtemps et je n'ai que 37 ans !!
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