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Des infimières baillonnées

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Écrit par ARTE   
08-10-2012
infirmiere_portugal.jpgDes infimières baillonnées

La plupart des infirmières portugaises évitent de parler aux journalistes. Et pourtant, il y aurait matière : avec la crise de la dette et la politique d'austérité, leur situation est devenue très difficile : conditions de travail déplorables, salaires de misère et peur quotidienne de se retrouver bientôt au chômage. La plupart refusent de témoigner de peur d'être licenciées comme Ana Santos dont ce n'est pas le véritable nom. Dans le cadre d'un reportage sur la misère des infirmières, nous l'avions interviewée avec son accord devant l'hôpital dans lequel elle travaille. Contre toute attente, Ana est revenue sur sa décision et nous a demandé de ne pas diffuser le reportage. Mise sous pression par ses supérieurs, elle ne voulait pas prendre le risque de se retrouver mise à la porte.

Pour éviter de causer du tort à notre contact, nous avons donc décidé de ne pas diffuser le reportage. Mais nous sommes stupéfaits du climat de peur et d'insécurité généré par la crise. Le président de l'Ordre des infirmières et des infirmiers, Germano Couto, a d'ailleurs envoyé une note au ministre de la Santé. "Depuis 1975, écrit-il, nous vivons dans un pays libre où règne la liberté d'expression. Si une infirmière ne peut pas dire ouvertement ce qu'elle pense et si elle subit la pression de ses supérieurs qui lui ordonnent de ne pas parler et la menacent si elle le fait... je croyais que le Portugal était un pays développé. Mais il semblerait que non."

Le pouvoir des bailleurs de fond

Ce qui agace également Germano Couto, c'est que le gouvernement portugais a littéralement lâché les infirmières qui travaillent dans les hôpitaux publics. Depuis quelques mois, elles sont embauchées par des agences de travail temporaire dont certaines ont des pratiques douteuses. Le gouvernement avance qu'il est pieds et poings liés car depuis que le Portugal bénéficie d'aides de l'UE, du FMI et de la BCE, il n'a plus le droit d'embaucher de fonctionnaires. Un argument rejeté par l'Ordre des infirmières : "Nous demandons la suppression des agences d'intérim. L'Etat est responsable pour les soins de santé et les infirmières. Ces agences ne sont plus les bienvenues et leur politique de travail est inacceptables."

Payées comme des femmes de ménage

Certaines agences d'intérim ne pratiquent pas de majoration pour le travail de nuit, ni pour les heures supplémentaires. Au lieu du salaire habituel de 7,50 € l'heure, les infirmières sont désormais payées la même chose qu'une femme de ménage. En fonction des agences, le tarif horaire varie entre 3,96 € et 5,90 €. Mais Ana n'a pas le choix. Si elle veut travailler, elle doit passer par une de ces agences. "C'est toujours mieux que rien", dit-elle. Elle jongle d'un contrat à l'autre sans jamais savoir à l'avance si elle aura encore du travail quelques semaines plus tard. Sachant que le préavis de licenciement est de deux semaines, il est quasiment impossible d'acquérir ou même de louer un appartement... difficile aussi d'envisager de fonder une famille. Les jeunes infirmières se voient donc obligées de remettre à plus tard leurs projets d'avenir. En attendant que la tempête passe, la plupart font le dos rond.

La vague d'immigration des infirmières

D'autres décident de fuir cette situation devenue invivable. Fin août, près de 1500 infirmières avaient déjà quitté le Portugal depuis le début de l'année, soit le même nombre que durant toute l'année passée. Ana avoue que cette idée lui a aussi traversé l'esprit mais elle a décidé de rester tant qu'elle aurait du travail. L'Ordre des infirmières et des infirmiers a obtenu du gouvernement la création de 750 postes d'ici la fin de l'année. Une goutte d'eau, mais dans un Portugal qui se débat contre la crise, c'est déjà un succès.

Rebecca Donauer pour Arte Journal

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Dernière mise à jour : ( 08-10-2012 )
 
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