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25ème anniversaire du salon infirmier - Discours de Marisol Touraine

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Écrit par Ministère des affaires sociales et de la santé   
26-10-2012

salon2012_discours_marisol_touraine.jpg25ème anniversaire du salon infirmier - Discours de Marisol Touraine

Mesdames, Messieurs,

C’est avec un plaisir tout particulier, que j’interviens au salon infirmier, qui fête cette année son 25ème anniversaire. Première manifestation paramédicale en Europe, cet évènement est devenu, au fil des années, une rencontre incontournable du monde de la santé. La diversité, la qualité et le nombre impressionnant de stands que j’ai eu l’occasion de visiter ce matin en attestent.

Incontournable, cette manifestation l’est tant les infirmiers occupent une place singulière dans le paysage sanitaire. Vous êtes la première profession en termes d’effectifs. Vous êtes également présents à tous les niveaux de l’offre de soins et vous exercez dans de très nombreux secteurs d’activité : la diversité de vos profils et de vos compétences est un élément essentiel de la richesse et de l’efficacité de notre système de santé.

Unanimement appréciés par vos patients, vous exercez aujourd’hui dans des conditions éprouvantes. Bien souvent, vous ne comptez plus le nombre d’heures que vous effectuez chaque jour, y compris la nuit, le week-end et les jours fériés. L’irrégularité de votre charge de travail, les jours alternés, les repos décalés ou supprimés perturbent votre vie personnelle. Vous êtes nombreux également à me faire part du stress et du rythme, parfois difficilement soutenable, de votre métier.

Votre salon est pour moi l’occasion de renouer le lien, qui a trop souvent été distendu ces dernières années, entre les pouvoirs publics et les infirmiers : je tiens aujourd’hui à saluer l’excellence de votre travail, qui apporte tant, chaque jour, à la qualité de notre système de soins.

La diversité de vos parcours et de vos savoir-faire trouve un socle commun dans les valeurs qui fondent votre profession.

L’accompagnement, tout d’abord, est au cœur de votre engagement : il se manifeste au quotidien dans la relation soignant/soigné, jusque dans les moments les plus douloureux de la maladie. Je songe également à la responsabilité grandissante qui vous incombe : le vieillissement de la population, ou la violence des patients à laquelle il vous arrive d’être confrontés, rendent parfois vos gestes délicats. L’empathie enfin, qui ne s’apprend pas sur les bancs de l’école, mais qui est mise à rude épreuve à chaque fois que vous devez faire face à la détresse des malades, dont vous assurez le suivi.

Ces valeurs, nos concitoyens y sont profondément attachés. Pour moi elles sont la condition de la qualité des soins que vous prodiguez. Je connais vos inquiétudes et vos préoccupations sur votre place dans l’avenir de notre système de santé.

I/ Je veux donc évoquer la place qui sera la vôtre dans la nouvelle politique de santé que je conduis.

A/ Au sein de l’hôpital, où une large majorité d’entre vous exerce, nous améliorerons les conditions de travail des infirmiers.

Le 7 septembre dernier, j’ai lancé le « pacte de confiance pour l’hôpital », dont j’ai confié la mission de coordonner les travaux de préparation à Edouard Couty. L’amélioration du dialogue social et de la gestion des ressources humaines est au cœur de ce pacte. Cet objectif se décline en trois axes :

1/ Le premier axe, c’est la rénovation du dialogue social, qui permettra, dans chaque hôpital, d’impliquer l’ensemble des personnels dans le projet d’établissement. A chacune de mes visites dans un établissement de santé, les infirmiers me font part de la dégradation de leurs conditions de travail : le stress, mais également les risques psycho-sociaux, dont vous êtes de plus en plus nombreux à souffrir, sont un enjeu majeur. La restauration du dialogue est une condition essentielle pour faire face à ces enjeux. Dans ce sens, je publierai prochainement un décret relatif à la modernisation du bilan social des établissements de santé. Je le veux plus complet et plus fidèle à la réalité qui est la vôtre sur le terrain. Il représentera un outil efficace pour améliorer les conditions dans lesquelles vous travaillez.

2/ Ensuite, mon ambition est de bâtir un parcours personnalisé des carrières à l’hôpital. Nous sommes à l’aube de profonds changements générationnels. La gestion des âges de la vie trouve dans les établissements de santé une application singulière : elle implique que nous renforcions l’attractivité des carrières pour les jeunes professionnels et que nous assurions leur fidélisation par la promotion interne.

3/ Le troisième axe, c’est le développement des coopérations et des formations communes entre les professionnels de santé. L’élargissement de vos compétences, dont les transferts d’activités sont la pierre angulaire, représentera, là encore, un levier efficace pour rendre plus attractives les carrières à l’hôpital. Ces transferts présentent bien souvent de nombreux avantages. Je songe, par exemple, au suivi des maladies chroniques : dans ce cas précis, les expériences montrent que la qualité de la prise en charge s’en trouve renforcée. Le dialogue entre l’infirmier et le patient est facilité, et l’observance des traitements est améliorée.

Il faut voir dans quelles conditions il est possible de franchir une nouvelle étape dans la valorisation des transferts d’activité entre les professionnels de santé, que ce soit à l’hôpital ou en ville. Je souhaite également que des progrès soient réalisés dans l’identification et la définition de nouveaux métiers. Je souhaite instaurer une dynamique de formation, d’anticipation des besoins en qualification et en sécurisation des parcours professionnels. Je veillerai aussi à favoriser le développement de temps communs de formation entre personnel médical et non médical. C’est en travaillant ensemble que nous consoliderons les compétences collectives au sein des équipes hospitalières.

B/ En dehors de l’hôpital, les infirmiers auront un rôle central à jouer dans la nouvelle organisation des soins de proximité.

Les professionnels libéraux de santé sont confrontés à deux exigences a priori contradictoires. D’un côté, vous devez faire face à une diminution du temps disponible pour les soins. Je sais que les tâches administratives notamment prennent une place de plus en plus importante dans votre quotidien. De l’autre, il s’agit d’enrichir le contenu de la prise en charge, au travers d’actions de prévention, de dépistage, d’éducation à la santé. Ceux d’entre vous qui exercent à l’hôpital observent également cette évolution. Je suis intimement convaincue, que seule l’association plus étroite des professionnels de santé entre eux, au sein d’équipes de soins de proximité, permet de résoudre cette contradiction.

Les avantages liés à cette forme d’organisation sont nombreux. Elle enrichira directement la pratique quotidienne de votre métier, grâce aux activités à plus forte valeur ajoutée. Elle améliorera également la qualité des soins que vous prodiguez. Elle vous permettra enfin de développer le dialogue et les temps d’échange avec vos patients et leur famille.

C’est la raison pour laquelle le projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) ouvre la voie à la rémunération d’équipes de soins. Une négociation conventionnelle sur la rémunération associée à ces services permettra leur déploiement à partir de septembre 2013.

Je veux être claire : les équipes de soins n’établiront aucun lien de subordination entre les infirmiers et les médecins. Les équipes seront constituées sur la base du volontariat de chacun des professionnels, qui s’engageront dans un projet commun, destiné à mieux prendre en charge la santé de leurs patients.

II/ Pour conforter votre rôle dans la nouvelle organisation des soins, je veux évoquer devant vous deux chantiers sur lesquels nous progressons rapidement.

Vous êtes confrontés aux mutations profondes de notre société. Face au vieillissement de la population, au développement des maladies chroniques, au creusement des inégalités de santé et aux nouvelles attentes des patients, votre profession doit évoluer. Les métiers de la santé ont trop souvent été dévalorisés ces dernières années. Cette perte de reconnaissance n’est pas justifiée au regard du rôle majeur que vous assurez pour garantir la qualité de notre système de soins.

A/ Pour faire face à ces enjeux, il est nécessaire d’adapter les formations des professions paramédicales.

Tout en préservant le caractère professionnalisant de vos études, l’intégration à l’université offre une perspective intéressante. Elle permettra de rompre l’isolement de vos formations, tout en renforçant leur qualité. Elle assurera la diversité des parcours autour d’un socle commun de connaissances. Elle facilitera l’ouverture aux autres disciplines médicales et biologiques, mais également dans le champ des sciences sociales et humaines.

Les infirmiers ont été les premiers à profiter de ce processus. Votre diplôme est aujourd’hui reconnu par les Universités : l’année 2012 a été marquée par la première promotion de diplômés d’Etat, élevés au grade de licence. Ce grade universitaire offre l’opportunité à celles et ceux qui le souhaitent, de faire valoir leur formation à l’étranger, ou de poursuivre avec un master.

Pourtant, si certaines universités proposent d’accéder au niveau master, cette offre est encore insuffisante : trop peu nombreux sont les infirmiers qui atteignent le niveau de docteur d’université. A l’image de la Suisse ou du Canada, une filière doctorale en soins infirmiers mérite d’être développée. Nous y travaillerons très prochainement.

Sur ce sujet, je voudrais saluer l’immense travail pédagogique, qui a été mené depuis 3 ans par les équipes des instituts de formation en soins infirmiers (IFSI), les facultés de médecine, les universités et les tuteurs de stages : ils ont permis de mettre en œuvre, dans des conditions difficiles, cette nouvelle formation. Les employeurs et les équipes soignantes ont joué un rôle essentiel dans l’accompagnement des étudiants, dans la formation des tuteurs de stage et d’intégration des jeunes diplômés dans leur univers professionnel.

Comme vous, je souhaite qu’un bilan approfondi de cette réforme soit réalisé. Deux évaluations externes sont prévues. La première, en 2013, conduite par l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique, qui portera sur l’ensemble des dimensions de la réforme. Avec la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, nous confierons à l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES) une mission d’évaluation sur les conditions de délivrance du grade universitaire de licence.

B) Le deuxième chantier que je souhaiterais évoquer devant vous concerne l’ordre des infirmiers.

Aujourd’hui encore, l’Ordre des infirmiers peine à être reconnu par votre profession : l’an dernier, 22% seulement des infirmiers étaient inscrits au tableau de l’ordre.

Il rencontre des difficultés récurrentes : il ne parvient pas à s’intégrer dans le paysage professionnel, marqué notamment par un rejet des infirmiers salariés.

Au sein même de l’ordre, des dysfonctionnements perdurent : j’ai pris connaissance, notamment, de la démission de 4 conseillers nationaux, représentants du collège libéral.

Ces écueils m’ont amenée à proposer que l’adhésion à l’Ordre des infirmiers soit rendue facultative. Je suis d’ailleurs favorable à ce que le Parlement se saisisse de cette question. Mais quelle qu’en soit l’issue, je serai vigilante sur la nécessaire continuité des missions de service public qui incombent à l’ordre.

Je veux que nous puissions avancer rapidement, par un travail en commun, sur ces deux importants chantiers pour votre profession.

Je souhaite que ce 25ème anniversaire du salon des infirmiers soit l’occasion pour chacun de ses participants d’échanger, de se former et de partager ses expériences. Que ces trois journées rencontrent le succès qu’elles méritent.

Je vous remercie.

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Dernière mise à jour : ( 29-10-2012 )
 
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