S'inscrire gratuitement à la newsletter de la CNI

La newsletter de la CNI Coordination Nationale Infirmière vous informe sur l'actualité professionnelle.


Recevoir du HTML?

Close

LMD Infirmier : Rêve ou réalité ?

Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Nathalie DEPOIRE - Christophe ROMAN   
20-12-2010
belfort_pediatrie_infirmiere.jpgLMD Infirmier : Rêve ou réalité ?

La reconnaissance à BAC + 3 portée par la Coordination Nationale Infirmière dès sa création en 1988 verra-t-elle le jour en 2009 avec la réforme de notre formation initiale ?
Quelles sont les implications de l’intégration des paramédicaux au système universitaire Licence, Master, Doctorat ?

PETITS RETOURS EN ARRIÈRE POUR MIEUX COMPRENDRE

1992 : « nouveau programme » de formation

• Allongement de la durée des études qui passent de 33 à 36 mois et 7 semaines,
• Le mot « élève » est remplacé par celui d’« étudiant »,
• Le mot « école d’infirmière » est remplacé par celui d’« Institut de Formation en Soins Infirmiers »,
• Assister au cours devient facultatif sauf pour les travaux dirigés (TD) et les stages,
• Augmentation du temps de formation théorique avec renforcement des Sciences Humaines et des Soins Infirmiers en Psychiatrie,
• Un Diplôme d’Etat unique pour un exercice dans tous secteurs de soins (soins généraux, psychiatrie, santé publique),
• Formation modulaire,
• 35h/semaine.

Une évolution, une avancée partielle notamment pour ces « étudiants » qui gagnent un titre mais pas un statut...

Depuis la volonté d’aller plus loin persiste chez les professionnels…

Les facteurs qui ont influencé l’évolution de 1992 à 2009

• La loi de modernisation sociale n°2002-73 du 17 janvier 2002 pose pour principe que toute personne engagée dans la vie active est en droit de faire valider les acquis de son expérience, notamment professionnelle, en vue de l'acquisition d'un diplôme, d'un titre à finalité professionnelle ou d'un certificat de qualification figurant sur une liste établie par la commission paritaire nationale de l'emploi d'une branche professionnelle, enregistrés dans le répertoire national de certifications professionnelles (...),
• Le contexte de la santé (les évolutions techniques et médicales, l’environnement, la population…) implique la nécessité de nouvelles missions pour les professionnels infirmiers,
• L’accord de Bologne.

En 1999, les Ministres européens de l'enseignement supérieur ont fait une déclaration commune par laquelle ils s'engageaient à créer et consolider un espace européen de l'enseignement supérieur d'ici 2010.

• Attentes et revendications des professionnels et des étudiants.

Mobilisations, actions et travaux des professionnels
infirmiere_manif_lmd.jpg
2006 : mise en place de groupe de travail pour la mise en place de la VAE Validation des Acquis de l’Expérience / constitution de référentiels.

2007 : la CNI
Coordination Nationale Infirmière dénonce une VAE infirmière incompatible avec l’universitarisation de notre formation. Elle quitte le groupe de travail VAE et informe la profession.

De mars à juin 2007 : plusieurs manifestations à Paris et en région à l’initiative de la CNI
Coordination Nationale Infirmière rejoint par une dizaine d’organisations et associations. Professionnels et étudiants revendiquent l’intégration de la formation au système LMD.

Parallèlement au mouvement, un groupe composé de professionnels et d’étudiants se constitue : le groupe « Unité pour le LMD ».

Suite aux mobilisations, le ministère de la Santé annonce l’ouverture de négociations. Nous sommes en juillet 2007, les rapports se font attendre, les réunions de travail prennent des allures de promesses…

Reprise des groupes de travail visant à élaborer des référentiels formation, compétences... il s’agit de la « réingénierie du diplôme ».

Octobre 2008 : publication d'un rapport relatif à « l'évaluation de l'impact du dispositif LMD sur les formations et le statut des professions paramédicales » ; ce rapport a été remis aux ministres par l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et de l'Inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche (IGAENR).

Une gestation bien longue pour un rapport bien décevant !

• Attribution d’une licence professionnelle,
• Pas de développement de la recherche infirmière,
• Pas de création d’une discipline des sciences infirmières,
• Annonce d’un reconventionnement « prudent » des infirmières déjà diplômées,
• Aucune prise en compte de l’évolution de la profession infirmière ni de la complexité de notre exercice quotidien,
• La recherche infirmière est évoquée,
• Aucune référence ne soutienne les arguments avancés.

Un exemple criant :
« Du point de vue social, il paraît indispensable de tenir compte de la réalité sociologique et du niveau de recrutement actuel des infirmières : la moitié environ des élèves ont un bac professionnel ou sont des aides soignantes admises au titre de la formation professionnelle ».

Objectifs des Accords de Bologne :

• Harmoniser la structure de l’enseignement supérieur et augmenter l’attractivité des études en Europe grâce à un système comparable fondé sur 2 cycles d’études finalisés par le diplôme de Bachelor (1er cycle) et le diplôme de Master (2ème cycle).

• Faciliter la mobilité des étudiant(e)s et des chercheur(e)s grâce à un système de transferts et d'accumulation de crédits : les ECTS.

• Reconnaître les qualifications académiques par tous les employeurs européens grâce à un système de diplômes lisibles et comparables, auquel s’ajoute le supplément au diplôme.

• Coopérer en matière d’assurance de la qualité.

• Renforcer l’Europe culturelle en respectant la diversité.


etudiant_infirmier_manif_lmd.jpg

LICENCE UNIVERSITAIRE OU PROFESSIONNELLE


A ce stade de notre dossier, il nous paraît pertinent de différencier ces deux L …
Licence universitaire ou professionnelle, est-ce la même chose ? Si non, quelles sont les différences ?
Voila quelques questions auxquelles nous allons tenter de  répondre dans cet article.
Quand on parle de niveau d’étude après le baccalauréat, du niveau universitaire, on parle d’années d’études universitaires réalisées par l’étudiant. Ainsi, le Bac+3, sanctionne trois années d’études universitaires après le baccalauréat.
Pour s’inscrire à l’université, il faut obtenir Baccalauréat, DAEU1 ou Capacité en Droit. La formation infirmière est réalisée en 38 mois soit un peu plus de trois ans. Il est donc logique que la profession revendique un niveau d’étude BAC+3.

Réforme LMD

Depuis 2004, le système universitaire a été modifié. La réforme LMD2, ou 3/5/8, met en place un système commun pour l’ensemble des pays européens. Les grades d’étude devenant : La Licence (trois ans), le Master (deux ans après la licence soit cinq ans) et le Doctorat (trois ans après le master soit huit ans).
La Licence sanctionne trois années de formation post-baccalauréat, qui correspond à 180 ECTS3. Ce niveau correspond au niveau Deug4 + Licence, c’est le premier degré universitaire. Il n’y a pas de sélection pour s’inscrire en licence. Un étudiant ayant obtenu une licence a le choix entre deux options :
• Soit continuer son parcours universitaire et il s’inscrit en Master, grande école ou en formation professionnelle en IUP5
• Soit il s’insère dans la vie active, en postulant à un emploi.

Le Master sanctionne deux années universitaires après la licence soit 120 ECTS supplémentaires soit en tout 300 ECTS. C’est la voie de la spécialisation. L’étudiant choisi un domaine dans lequel il va devenir expert. Il y a une sélection entre la première et la deuxième année. Il existe deux types de master : le master recherche et le master professionnel. La différence réside dans la finalité du master.
• Le master recherche s’inscrit dans la poursuite des études universitaires vers un doctorat. La recherche est au centre de la deuxième année, la rédaction du mémoire de recherche est une préparation à la recherche et à la rédaction de thèse. Il correspond à l’ancien DEA6,
• Le master professionnel ou master pro, est lui orienté vers l’insertion professionnelle immédiate de l’étudiant formé dans la vie active. Réalisé, le plus souvent en alternance en entreprise, le master pro comporte un stage obligatoire en entreprise d’un semestre. Les masters pro existent uniquement dans les domaines où les entreprises sont demandeuses de main d’œuvre qualifiée dans cette spécialité. C’est l’équivalent de l’ancien DESS7.

Enfin, le Doctorat n’est pas modifié. Il est possible après un master recherche (master pro avec dérogation et sous conditions). Il consiste en trois années universitaires consacrées à la recherche sur un sujet donné et à la production d’une thèse en fin de parcours. Le doctorat correspond à 480 ECTS, les 300 de la Licence et du  master plus 180 pour les trois années de recherche.

La Licence en quelques mots...

La présentation suivante, bien que succincte, se veut claire. Le but est de comprendre l’organisation générale de la Licence Universitaire et les différences avec la Licence Professionnelle.

Le grade de licence sanctionne six semestres de formation (180 ECTS). C’est une formation théorique. La Licence universitaire est généraliste et pluridisciplinaire les deux premières années (appelées L1 et L2). La troisième année (L3) est le temps du choix parcours et donc de la spécialité de la licence. Il existe huit grands domaines pour les licences en France : Lettres et langues / Sciences Humaines et sociales / Arts / Économie-gestion / Administration économique et sociale / Droit / Sciences et technologiques / Sport. Toutes les Licences universitaires françaises appartiennent à un de ces grands domaines. Ensuite, chaque université attribue une mention et un parcours à ce grand domaine. On peut prendre l’exemple suivant à l’université de Provence, où les étudiants peuvent préparer une licence du domaine des sciences et technologies, mention Sciences de la terre et de l’environnement, parcours Environnement, technologie et société8.
Après l’obtention du diplôme de licence universitaire, l’étudiant a le choix de poursuivre en master recherche ou master pro dans son domaine, de s’inscrire dans une grande école (commerce ou ingénieur), une école spécialisée (journalisme, mode, arts, immobiliers,…) ou dans un IUP9.

Il existe depuis 1999, un autre type de licence, la licence professionnelle. C’est un diplôme de niveau Bac+3 qui se prépare en un an (deux semestres, soit 60 ECTS) et qui comporte 12 à 16 semaines de stage en entreprise. C’est une formation qualifiante pour l’emploi qui répond aux engagements Européens, avec la création d’une nouvelle qualification entre technicien supérieur et ingénieur/cadre supérieur. Les licences professionnelles naissent du partenariat entre les universités, les entreprises et les branches professionnelles. De ce fait, de nombreux métiers des différents secteurs économiques sont accessibles par la licence professionnelle. L’accès à la licence professionnelle est subordonné à la validation d’un diplôme national sanctionnant deux années d’enseignement supérieur dans un domaine compatible avec celui de la licence. La licence pro est le plus souvent réalisée en formation en alternance ou par apprentissage et l’enseignement est réalisé prioritairement par des professionnels du domaine concerné. Elle peut être suivi en formation continue, voir en validant les acquis de l’expérience ou des acquis personnels. La finalité de la licence pro est l’insertion sur le marché de l’emploi. Néanmoins, des poursuites d’études sont possibles : l’inscription au concours de l’IUFM10 est possible, avec accord du directeur de parcours une inscription en master pro est possible. Et rarement, avec un dossier solide, une inscription en grande école avec sélection par un jury est possible.

Ainsi, deux types de formation BAC+3 existent actuellement en France. La réforme des études conduisant au diplôme d’état d’infirmier passe par une universitarisation plus ou moins importante de la formation. Les réformes actuellement en cours donnent un aperçu de ce que pourrait être la future formation des infirmiers et infirmières.

Suite à la parution du rapport des Inspections Générales, les choses s’accélèrent

Novembre 2008 : lors de son discours au salon infirmier, Roselyne Bachelot annonce l’ouverture d’une concertation pour l’intégration des paramédicaux au système LMD.

18 novembre 2008 : 1ère journée de concertation pour l’intégration des paramédicaux au LMD : lancement de la réforme ! Les débats ont été conduits par Annie Podeur, Directrice de la Direction de l’Hospitalisation et de l’Organisation des Soins et M. Patrick Hetzel, Directeur général de l’Enseignement Supérieur en présence de membres du cabinet de Mme Bachelot et des représentants associatifs et syndicaux des paramédicaux.
L’organisation de cette rencontre à la Faculté de Médecine Cochin Port Royal à Paris laisse augurer de voir enfin aboutir les vœux de la profession mais si les échanges confirment l’annonce de la Ministre de la santé d’une réforme des études pour les infirmières qui prendra effet en septembre 2009, le doute plane toujours quant au type de Licence...

8 et 9 décembre 2008 : les premières réunions de travail.
Des rencontres de deux heures réunissant une cinquantaine de personnes, des échanges intéressants certes mais peu de concret !

11 décembre 2008 : Réunion du groupe « Réingénierie du diplôme ».
Les organisations refusent de valider le référentiel de formation jugé incomplet.
La Direction des Hôpitaux et de l’Organisation des Soins prend acte mais transmet les documents à la Direction Générale de l’Enseignement Supérieur.

6 janvier 2009 : Réunion de travail pour l’intégration de la formation infirmière au LMD.
La Direction Générale de l’Enseignement Supérieur confirme la nécessité de compléter le référentiel formation notamment en ce qui concerne les cours magistraux et le cadre des Travaux Dirigés (TD).

A partir de février, la réflexion se poursuivra en deux groupes :
• Formation initiale : L
• Poursuite du cursus universitaire (M et D).
Face aux nombreuses interrogations, la Direction Générale de l’Enseignement Supérieur a réitéré le 6 janvier son refus de la création de Sciences Infirmières en France.

A ce stade des discussions (janvier 2009), les propositions sont :
• Maintien d’un Diplôme d’Etat infirmier,
• Attribution d’un grade Licence,
• Un nouveau programme en septembre 2009 répondant à 180 ECTS.

Compte tenu des cursus de formation infirmière des autres pays européens,
compte tenu de l’évolution du contexte de la santé et des besoins en France,
compte tenu de la volonté des professionnels et des étudiants,
la Coordination Nationale Infirmière maintien sa revendication pour la création d’une discipline en Sciences Infirmières.


La réforme est en cours, les réunions de travail doivent aboutir en mars pour répondre à l’ambition de mettre en place un nouveau programme en septembre 2009.
Cette évolution ne doit pas être partielle !
Les infirmiers ne revendiquent pas le L pour le titre.
Ils en espèrent une réelle opportunité professionnelle, une reconnaissance de compétences ainsi qu’un réel statut et les revalorisations qu’il implique pour les professionnels en activité comme pour ceux en devenir.
Nous vous donnons rendez-vous sur notre site www.coordination-nationale-infirmière.org afin de suivre l’évolution de ce dossier dans les semaines à venir…

Nathalie DEPOIRE 
Présidente CNI

Christophe ROMAN 
CNI Saint-Joseph

1 - Diplôme d’accès aux études universitaires.
2 - Licence Master Doctorat.
3 - European Credits Transfer System, ou en français système européen de transfert et d’accumulation de crédits.
4 - Diplôme d’étude Universitaire Générale.
5 - Institut Universitaire Professionnalisé.
6 - Diplôme d’étude approfondie.
7 - Diplôme d’étude supérieur spécialisée.
8 - Source Site http://www.univ-provence.fr
9 - Institut Universitaire Professionnalisée.
10 - Institut Universitaire de Formation des Maitres.
Commentaires
Ajouter un nouveau Rechercher
Juliette  - L2   |2012-06-12 19:28:54
Bonjour,

Je suis actuellement en 2éme année d'école d?infirmière, je compte arrêter l'école à la fin de l'année (pour diverses raisons).

Si je valide ma 2éme année avec 120 ECTS ai-je l'équivalence L2 ?

Puis-je espérer rentrer en licence pro ou en L2 (socio, psycho ou science de la vie) ?

Merci.
Wyrd   |2012-06-21 18:37:19
Bonjour Juliette,

Je doute qu'il soit possible d'avoir ce genre d'équivalence à l'heure actuelle, la formation infirmière n'a de LMD que le nom : aucune passerelle entre paramédical et universités n'existe à ma connaissance aujourd'hui. Ça viendra peut-être, à espérer en tout cas...

N'oublie pas que tu disposes d'une équivalence de diplôme aide-soignant avec une année validée en IFSI, ça te permettra d'exercer un métier le temps de rebondir !
Ecrire un commentaire
Nom:
Email:
 
Website:
Titre:
BBCode:
[b] [i] [u] [url] [quote] [code] [img] 
 
 
:angry::0:confused::cheer:B):evil::silly::dry::lol::kiss::D:pinch:
:(:shock::X:side::):P:unsure::woohoo::huh::whistle:;):s
:!::?::idea::arrow:
 

3.20 Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved."

Dernière mise à jour : ( 20-12-2010 )
 
Suivant >
Close

Vous consultez les archives du site de la Coordination Nationnale Infirmière. Certaines ressources ne sont peut être pas accessibles.
Veuillez nous excuser des problèmes que vous pourrez rencontrer lors de votre visite.
Nous vous invitons à consulter le site actuel en cliquant sur le lien suivant : http://www.coordination-nationale-infirmiere.org/