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Neuf ans après le meurtre de Geneviève, infirmière en psychiatrie

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Écrit par Le Progrès   
17-12-2008

Au terme de nombreuses années de procédure, les parents de Geneviève se retrouvent aujourd’hui devant le tribunal à Lyon. Ils avaient déposé plainte contre l’administration de l’hôpital de Saint-Jean-Bonnefonds.

Pour cette famille de La Talaudière, la vie s’est arrêtée le 3 juillet 1999.

Ce coup de téléphone que redoutent tous les parents, Gaston et Marie-Cécile Psomas l’ont reçu un peu avant minuit. Geneviève, leur fille aînée, infirmière en psychiatrie à Saint-Jean-Bonnefonds depuis cinq ans, venait d’être agressée par un malade. « Nous avons été prévenus six heures après les faits. Le personnel, sous le choc, voulait nous préserver. Notre fille n’a jamais repris conscience et si elle avait survécu, elle serait restée à l’état végétatif. »

Neuf longues années plus tard, le procès a lieu. Aujourd’hui, devant le tribunal administratif. Au pénal, l’action a été éteinte.

Le coupable s’est donné la mort le 12 juillet 2001, peu avant sa comparution devant la cour d’assises.

« Il avait 22 ans, rappelle la maman de Geneviève. On ne peut pas vraiment lui en vouloir car c’était un grand malade. Depuis l’enfance, il multipliait les séjours en psychiatrie. Son départ pour le centre d’internement de Cadillac en Gironde était prévu, mais en attendant qu’une place se libère, il restait à Saint-Jean-Bonnefonds, en chambre d’isolement. »

Le 3 juillet, Geneviève rentrait de vacances. « On lui avait dit qu’il était plus calme et qu’un accompagnement thérapeutique dans le parc serait judicieux ».

Pour les sorties, la décision était prise par le médecin responsable du service au cours d’une réunion hebdomadaire : « Il y avait déjà eu des menaces et des dégradations de la part du malade à l’encontre des infirmières. Notre fille avait eu ses pneus crevés et il y avait eu des départs d’incendie non élucidés dans un service. »

Pour les parents, au-delà du sous-effectif, « il y avait, en ce samedi d’été, trois infirmières pour vingt-trois malades », il n’y a qu’un responsable : le chef de ce service.

Les parents ont appris quelques années plus tard, par notre journal, que ce médecin avait été nommé responsable d’un autre service de psychiatrie dans la région : « Nous étions atterrés », expliquent-ils.

« Notre fille avait demandé à plusieurs reprises sa mutation dans un autre service. Sans succès. Ce chef de service n’était présent que le lundi matin, pour une réunion, mais il n’y avait aucun écrit, aucun suivi des dossiers. »

Gaston et Marie-Cécile Psomas ont souvent failli baisser les bras, abandonner ce combat du pot de terre contre le pot de fer que représente l’administration hospitalière. « Mais nos deux autres enfants voulaient qu’on aille jusqu’au bout.

Si on n’avait rien fait, on aurait eu l’impression d’abandonner notre fille. Elle n’est plus, mais si ce drame pouvait faire prendre conscience du manque de personnel en psychiatrie, des dangers que courent, comme notre fille, des infirmières qui se dévouent au quotidien, alors on aurait un peu de baume au cœur. »

Laurence Perbey


L’agression s’est produite le samedi 3 juillet 1999

Le samedi 3 juillet 1999 à 18h20, les services de police interviennent à l’hôpital psychiatrique de Saint-Jean-Bonnefonds. Geneviève Psomas, une infirmière de 31 ans, a été agressée par un jeune malade, hospitalisé sous contrainte depuis plusieurs années.

Considéré comme dangereux, le jeune homme était placé en chambre d’isolement, avec des sorties dans le parc de l’hôpital, toujours accompagné d’un personnel soignant.

Il devait être transféré quelques jours plus tard à l’unité pour malades difficiles de Cadillac. À 17h45, une collègue, il n’y avait que trois infirmières en poste à cette heure-là, avait vu sortir Geneviève Psomas en compagnie du patient pour une promenade prévue dans le contrat de soins.

Ne les voyant pas revenir, ses collègues partaient à sa recherche et la retrouvaient, inanimée et en sang, dans l’amphithéâtre.

D’après les éléments de l’enquête, Geneviève Psomas n’ayant jamais repris connaissance, il apparaît que le patient a saisi la jeune infirmière à la gorge avant de la projeter dans les escaliers de l’amphithéâtre.

Cette chute a provoqué de très graves blessures à la boîte crânienne et entraîné des lésions cérébrales irréversibles.

Le patient, une fois son geste accompli, prenait la fuite à travers l’établissement. On le retrouvait peu après, les mains tachées de sang. Geneviève est décédée le 8 juillet.

Transféré à l’unité pour malades difficiles de l’hôpital de Montfavet, son agresseur s’est suicidé le 12 juillet 2001 quelques mois avant son procès.

Le Progrès

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