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L'hospitalisation d'office va être réformée

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Écrit par Ouest France   
03-12-2008

Durcissement des conditions de sortie, géolocalisation des patients dangereux et investissements dans la sécurité, a annoncé, hier, Nicolas Sarkozy.

Le 13 novembre, au lendemain du meurtre d'un étudiant par un patient qui avait fugué d'un établissement psychiatrique grenoblois, Nicolas Sarkozy avait réclamé une « réforme en profondeur de l'hospitalisation psychiatrique. » Hier, lors d'une visite d'un hôpital psychiatrique à Antony (Hauts-de-Seine), il a annoncé une réforme de l'hospitalisation d'office et des investissements dans la sécurité des établissements.

Trente millions d'euros seraient investis, afin, notamment, de mieux contrôler les entrées et sorties et prévenir les fugues. 200 chambres d'isolement à sécurité renforcée seraient créées pour les patients susceptibles de violence. 40 millions supplémentaires seraient débloqués pour créer quatre unités pour malades difficiles.

Les patients hospitalisés sans leur consentement seraient équipés d'un dispositif de géolocalisation.Les décisions de sortie seraient prises par le préfet, sur la base d'un avis rendu par un collège de trois soignants : un psychiatre et un cadre infirmier de l'établissement, auxquels s'ajouterait un psychiatre extérieur. Enfin, une injonction de soins pourrait être imposée.

Les psychiatres divisés

Les réactions des professionnels de l'Ouest sont partagées. Pour le Dr Jacques Delvigne, responsable de l'un des services de psychiatrie à l'hôpital Saint-Jacques, à Nantes : « Ce qu'il faut, en psychiatrie, ce sont des moyens en médecins, en infirmières. Changer la loi sous le coup de l'émotion d'un drame me semble précipité. Quant à mettre des bracelets de géolocalisation, cela me paraît d'une grande violence envers les malades. »

Le Pr Sonia Dollfus, chef du service de psychiatrie du CHU de Caen, se méfie « des effets d'annonce ». À la tête d'un centre où seulement 10 % des hospitalisations se font sous contrainte, elle craint que l'on « stigmatise une fois de plus la schizophrénie ». Spécialiste de cette maladie, sur laquelle elle mène des recherches, elle souligne que ces actes « restent des cas exceptionnels ».

Quant à revoir les modalités de sortie des personnes internées d'office, elle reste très réservée : « Aujourd'hui, le préfet doit déjà donner son aval au vu d'un certificat établi par un psychiatre. »

Injonction thérapeutique

Le Pr Bruno Millet, chef du service de psychiatrie du CHU de Rennes, voit ces annonces sous un jour plus positif : « Il n'y a que 5 % de patients qui présentent une certaine dangerosité. Un quart seulement des patients hospitalisés sous contrainte. Normalement, ils sont déjà dans un service fermé. Dans ce cas, la géolocalisation ne me gène pas. »

Et l'obligation de soins ? « Certains de ces patients, qui se sont bien améliorés, ne veulent pas consentir de traitements médicamenteux quand ils sortent. Alors, on a recours aux sorties d'essai, renouvelées tous les mois. L'injonction thérapeutique peut être une bonne solution. »

Si l'alourdissement des procédures de sortie ne lui semble pas nécessaire, il estime cependant que les certificats remplis jusqu'ici par les psychiatres « sont mal faits et mal utilisés. »


Philippe RICHARD
(avec Laurent Neveu
et Isabelle JAFFRE). ouest france 3 décembre 2008
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