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La France a 40 ans de retard dans la prise en charge des enfants autistes

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Écrit par restonsenforme.com   
05-06-2008

La France a 40 ans de retard dans la prise en charge des enfants autistes

Du 6 au 20 octobre, l’association Léa pour Samy organise la troisième édition de l’Autis-Act. Une grande opération de sensibilisation qui a pour but d’informer le grand public et les professionnels aux problèmes quotidiens rencontrés par les parents d’enfants autistes. Restons en Forme a rencontré son président.

Inaction des pouvoirs publics, rejet de la part du système scolaire français, manque de structures d’accueil adaptées, internement dans des hôpitaux psychiatriques avec soins inadaptés… voilà ce que doivent endurer les personnes autistes et leurs familles. Face à une telle situation, M’Hammed Sajidi, papa d’un enfant autiste, a fondé avec sa famille, en janvier 2001, l’association Léa pour Samy. Il a accepté de nous parler de son action et des combats qu’il reste à mener en France.

Restons en Forme : Quelle est l’action de votre association ?

M’Hammed Sajidi : Notre vocation est de défendre et protéger les enfants autistes. Nous traitons au cas par cas en soutenant psychologiquement et juridiquement les familles, afin d’assurer aux personnes autistes les mêmes droits qu’aux autres individus. Notre association a aujourd’hui une envergure internationale. Nous agissons dans les pays francophones, au Maroc, au Cameroun, en Côte d’Ivoire et nous sommes en train de développer des antennes dans d’autres pays européens et africains.

REF : Que pensez-vous de la prise en charge des enfants autistes par l’Etat en France par rapport aux autres pays ?

M. S. : La France a 40 ans de retard dans ce domaine. Il n’y a pas d’équipements adaptés pour les personnes autistes ni de formation pour les professionnels.

REF : Quelles solutions proposez-vous ?

M. S. : Notre association a demandé que des états généraux soient tenus pour mettre fin au retard français. Nous voulons également que l’ambiguïté dans la définition de l’autisme en France soit levée. En effet, il ne faut prendre en compte que la classification de l’Organisation mondiale de la santé, qui range cette maladie dans les “ Troubles envahissants du développement ” et non la classer dans les psychoses comme c’est le cas dans notre pays. En outre, les enfants autistes doivent pouvoir bénéficier de projets éducatifs spécialisés et effectués au cas par cas. Ils doivent également être diagnostiqués correctement jusqu’à l’âge de 2 ans. Un enfant dont l’autisme a été détecté précocement devrait avoir le droit d’aller à l’école. Dans le cas inverse, il devrait avoir la possibilité d’intégrer des classes spécialisées.

REF : Pourquoi tant de personnes se dirigent-ils vers la Belgique pour faire soigner leurs enfants ?

M. S. : Les parents sont traumatisés par la psychiatrie française. Ils préfèrent aller scolariser leur enfant dans ce pays qui a les équipements adaptés pour permettre à leur enfant d’être intégré socialement. Les aménagements scolaires en Belgique sont financés par les conseils généraux français. Quant aux centres, ils sont payés par notre Sécurité sociale. Ces dépenses échappent ainsi au contrôle de la Cour des comptes et entraînent des discriminations. Effectivement, cette méthode empêche le développement sur notre territoire de structures d’accueil pour les personnes autistes.

REF : Combien y a-t-il aujourd’hui de centres en France ?

M. S. : On peut compter en tout 10 à 15 structures mises en place par les associations. L’Etat ne s’occupe des personnes autistes qu’en les envoyant dans des établissements psychiatriques. Les traitements appliqués sont archaïques et ne sont pas contrôlés. De plus, ils sont donnés sans diagnostic.

REF : Parlez-nous des journées phares d’Autis-Act…

M. S. : Cette manifestation commencera le 6 octobre par un Congrès national et international, à Lille. Le 10 octobre, il y aura une journée d’études sur la scolarisation des enfants atteints d’autisme et de troubles envahissants du Développement. Le 15 octobre, nous montrerons les alternatives existant à travers le monde. Finalement, le 20 octobre, la journée la plus importante pour nous, une assemblée aura lieu pour entendre les témoignages des parents d’enfants autistes et une Marche de l’espérance débutera à 14 heures sur le Parvis de Hôtel de ville de Paris.

REF : Depuis la première édition, la situation a-t-elle évolué en France ?

M. S. : Il y a eu quelques changements positifs et beaucoup d’aggravations, car les budgets consacrés aux personnes souffrant de cette maladie ont été distribués aux instituts psychiatriques et médicalisés. Or, il faut créer des centres spécialisés pour les autistes et non gérer ce handicap par la psychiatrie.

REF : Qu’attendez-vous du gouvernement qui a promis d’intégrer davantage les enfants handicapés dans le système scolaire ?

M. S. : Il faut que l’Etat prenne ses responsabilités et mette fin aux faux diagnostics. Il doit véritablement prendre en charge les personnes autistes.

REF : Quels sont vos projets d’avenir ?

M. S. : Nous voulons voir aboutir l’action mise en place par notre association, c’est-à-dire un Etat de droit pour les enfants autistes. Nous avons dernièrement porté plainte au pénal pour montrer le défaut de soin et le délaissement dont sont victimes les personnes autistes. Notre action a été jugée recevable et le magistrat Patrick Ramaël a été désigné pour instruire l’enquête judiciaire suite à notre plainte.

Si vous souhaitez apporter votre soutien à l’association et aux personnes autistes, signez la pétition. Renseignez-vous sur le site www.leapoursamy.com

Restons en forme.com, 4 juin 2008 

 

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