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Les ambulanciers souvent livrés à eux-mêmes

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Écrit par Ouest France   
09-07-2008

Les ambulanciers souvent livrés à eux-mêmes

Le drame de Plérin soulève des interrogations sur la sécurité du transfert de patients déstabilisés. L'ambulancier bousculé, samedi, par un malade, est décédé, lui aussi.

« C'est un drame exceptionnel, mais il est révélateur de ce qui se passe dans les transferts de patients sous contrainte, estime Bruno Millet, psychiatre chef de service au centre hospitalier spécialisé Guillaume-Régnier (Rennes). Je m'étonne que ce ne soit pas déjà arrivé plusieurs fois. »

Samedi, un homme âgé de 27 ans, qui a failli se suicider en voulant se jeter d'un pont, est transféré de l'hôpital de Saint-Brieuc à l'hôpital psychiatrique de Bégard. Hospitalisation à la demande de sa famille. À la hauteur de Plérin, sur la RN12, il se jette sur l'un des deux ambulanciers. La porte s'ouvre, tous deux chutent sur la voie. L'homme se relève, enjambe le rail de sécurité, s'élance dans la circulation. Il est renversé et ne pourra être réanimé. Hier, le jeune ambulancier, Cyril Haquevaux, 24 ans, est décédé à son tour. Dimanche, il avait été transféré à l'hôpital Pontchaillou, à Rennes, en état de mort cérébrale.

« Trop souvent livrés à nous-mêmes »

Comment ce drame a-t-il pu avoir lieu ? « Contrairement aux hospitalisations d'office (sur décision du préfet), il n'y a pas de règle particulière pour le transport d'un patient hospitalisé à la demande d'un tiers (par exemple, un parent) », indique Bernard Pelletier, président du Syndicat national des ambulanciers privés. « Les médecins peuvent choisir de médicaliser le patient (lui administrer un sédatif), signaler qu'il est agité, explique-t-il. Le médecin peut également demander à un infirmier d'embarquer dans l'ambulance. Rien n'oblige à attacher les patients. C'est très dévalorisant pour eux et souvent mal perçu par les équipes médicales. On reprochera à l'ambulancier de ne pas avoir bien préparé psychologiquement le patient. En fait, nous sommes trop souvent livrés à nous-mêmes. »

Les transferts d'un hôpital à un autre de patients présentant des troubles du comportement ne sont pas rares. Soit pour un passage d'un établissement « classique » à un établissement psychiatrique, soit pour subir des examens médicaux. « Rien qu'en Bretagne, je dirais vingt à trente par jour », dit le professeur Millet.

Pas le droit d'attacher

« Les ambulanciers ne sont absolument pas habilités à attacher un patient, précise-t-il. Ils ne peuvent ni l'attacher ni lui donner un médicament. S'il y a contention ou sédation, ce doit être fait avant. Les ambulanciers n'ont théoriquement le droit d'intervenir d'aucune façon. Dans un transport de ce type, à mon avis, il faut un soignant (médecin ou infirmier) dès qu'il y a le moindre doute. Il est essentiel qu'il y ait une bonne évaluation médicale du risque de passage à l'acte. Trop souvent, les médecins laissent les infirmiers se débrouiller. »

Recueilli par

Philippe RICHARD. Ouest France 8 juillet 2008

 

Commentaires
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le bourhis  - plus de responsabilités pour les ambulanciers   |2012-06-06 20:18:10
Et pourquoi n'aurions nous pas plus de responsabilités?!Je suis ambulancière depuis 6 ans,j'ai éffectué beaucoup de transferts et urgences psy...Effectivement,personne ne se préoccuppe où du moins percute,que nous sommes sur la route et pour moi,les choses sont claires:Un patient succeptible de passer à l'acte,c'est contensions et sédaté,plus,fermeture des portes de toute l'ambulance par la fermeture centralisé(celà aussi est interdit en cas d'accident,pour pouvoir sortir...c'est vrai,mieux vaut que tout le monde finisse sur la voie expresse...).Nous sommes suffisamment bien formés et expérimentés pour utiliser à bon escient les contensions, même si celà dérange le malade où sa famille,c'est pour le bien de tous.Nous n'avons aucunement besoin de demander,encore et toujours,si nous pouvons où devons mettre les contensions, car,qui est sur la route,en mouvement par la suite??De même,il serai aussi temps d'être minutieux au niveau des sédations,car trop souvent,on nous refiles le bébé,bien content de le voir partir et en ne se préoccupant pas de la suite de la route..Enfin,moi,je dis ça,je ne suis qu'ambulancière,chauffeuse,où taxi,comme on nous appels 100 fois par jour.Il serai juste temps de nous faire confiance et de nous laisser un peu plus de marge de manoeuvre, celà pourrai éviter ce genre d'accident dramatique...
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