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Psychiatrie en détresse

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Écrit par Le Monde   
21-11-2008

Une nouvelle fois, un fait divers dramatique pose la question de la prise en charge psychiatrique en France. Après le double meurtre de l'hôpital de Pau, en 2004, quand une infirmière et une aide-soignante ont été assassinées par un ancien malade en rupture de soins, c'est un crime commis, le 12 novembre, par un patient schizophrène, échappé de l'hôpital de Grenoble, qui trouble de nouveau les esprits. Sans attendre les conclusions de l'enquête administrative sur les circonstances du drame, le président de la République a tranché : Nicolas Sarkozy promet un durcissement de la loi de 1990 sur les hospitalisations d'office, par la création d'un fichier et une restriction des libertés des patients.

Ce n'est pourtant pas d'une réponse punitive dont les malades mentaux ont besoin, mais bien, à l'extrême opposé, de soins plus constants. Or, l'évolution du secteur psychiatrique, depuis vingt ans, leur dénie de plus en plus le droit élémentaire d'être soignés. La fermeture constante des lits, la pénurie de personnels infirmier et médical et l'alignement du fonctionnement de l'hôpital psychiatrique sur l'hôpital général conduisent à des carences graves en termes de soins. Tout se passe comme si la spécificité de la prise en charge psychiatrique, qui impose disponibilité et présence rassurante des personnels, était jugée caduque.

Trop de malades mentaux peuplent désormais les trottoirs des grandes villes faute d'être soignés suffisamment longtemps à l'hôpital. Livrés à eux-mêmes, ne pouvant plus prendre leurs traitements, ils décompensent bruyamment, commettent des délits et se retrouvent finalement en prison. On estime ainsi à 24 % le nombre de détenus souffrant de troubles psychiques, dont 8 % atteints de schizophrénie.

Impensable il y a quelques années, cette transformation du champ de la santé mentale ne semble plus faire débat. Au contraire, elle participe d'une pénalisation de la folie qui cherche à écarter toujours plus la maladie mentale de la cité. Cette volonté de mise à l'écart nous fait régresser des siècles en arrière, bien avant la révolution aliéniste de Philippe Pinel (1745-1826), quand les fous étaient encore assimilés aux criminels. Et signe l'inhumanité d'une société qui fuit son devoir de prise en charge des plus vulnérables.

Le Monde 21 novembre 2008  

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