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Psychiatrie et sécurité en débat après la fugue d'un malade mental meurtrier

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Écrit par AFP   
30-12-2008

PARIS (AFP) — La fugue d'un meurtrier malade mental à Marseille relance le débat sur le délicat équilibre entre sécurité et qualité des soins dans les hôpitaux psychiatriques où des soignants dénoncent le manque de moyens.

Pour la ministre de la santé Roselyne Bachelot, pareils incidents "posent la question récurrente des mesures de sécurité dans les hôpitaux psychiatriques".

Mais pour l'heure, "il n'y a pas de bracelet électronique pour certains patients considérés comme dangereux", relève le Dr Louis Albrand.

"Nous réfléchissons à ces notions d'enfermement qui peut être nécessaire, mais il faut que le détenu conserve sa dignité", poursuit ce psychiatre fondateur du groupe de réflexion "psychiatrie et rupture" (plus de 600 psychiatres).

Comme ses confères il rappelle que ces cas de schizophrènes meurtriers sont "marginaux".

Soignants, psychiatres et syndicats pointent le "manque de moyens et d'effectifs", voire la paupérisation de la psychiatrie, et s'insurgent contre le caractère "sécuritaire" du plan de réforme gouvernemental.

25.000 lits de psychiatrie ont été fermés ces vingt dernières années, indique le Dr Albrand.

La schizophrénie touche 1% de la population, soit 600.000 personnes en France. Le caractère dangereux des malades mentaux est largement surévalué, affirme le Syndicat des psychiatres d'exercice public (SPEP) qui souligne que les malades mentaux sont bien plus souvent victimes de crimes, d'agressions et de vols que la population générale.

Pierre Faraggi, président du syndicat des psychiatres des hôpitaux, dénonce "la dictature de l'émotion". "On ne peut pas faire de réforme de la psychiatrie à partir d'un fait divers, si dramatique soit-il", souligne-t-il.

Après la mort d'un étudiant poignardé à Grenoble par un malade échappé d'un hôpital psychiatrique, le Président de la République a annoncé une réforme durcissant le régime d'hospitalisation d'office.

Ces hospitalisations sur demande de l'autorité publique étaient au nombre de 11.465 en 2005.

La loi de 1990 sur l'hospitalisation psychiatrique prévoit que la décision de sortie ou permission des internés d'office implique une commission départementale, composée d'un psychiatre, d'un magistrat et d'un représentant des familles-usagers. Dans les faits on ne voit plus beaucoup ces commissions dans les hôpitaux psychiatriques, déplore ce spécialiste, partisan d'une révision de la loi et par ailleurs conseiller près du ministre de la Justice.

Le plan gouvernemental prévoit d'ouvrir quatre unités pour malades difficiles (UMD) en plus des cinq existantes, soit "160 places" en plus des 420 disponibles, a détaillé la ministre.

"Les UMD disposent de beaucoup plus de personnel et sont beaucoup mieux encadrées", relève le Dr Albrand. Cependant tous les criminels ne sont pas récidivistes et il y en a dans des services ordinaires, note-t-il.

Le plan prévoit également "la création de 200 chambres sécurisées pour ces malades dangereux". "Il y a un plan d'ouverture d'Unités d'hospitalisation spécialement aménagées (UHSA)" mais avec une sécurité assurée par l'administration pénitentiaire, selon la ministre.

"L'évaluation de la dangerosité des malades devrait se faire sur la base de quatre critères, objet d'un consensus international : antécédent de passage à l'acte (agression, meurtre...), arrêt ou absence de traitement, désocialisation et être en plus victimes de conduites addictives (consommation d'alcool etc.)", estime le Dr Albrand.

"C'est bien que les ministres se penchent sur le problème, mais il n'est pas normal qu'il y ait 25 % de prisonniers psychotiques, soit 15.000", dit le Dr Albrand qui souligne que "le manque de soins aggrave la situation de ces patients".

AFP 29/12/2008 

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