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Psychiatrie : le coup de colère des professionnels

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Écrit par Le Figaro   
17-12-2008

Dans une pétition publiée lundi, 39 psychiatres dénoncent la réforme de l'hospitalisation d'office et demandent à la profession de «sortir de la résignation.»

«Nous, psychiatres (…) refusons de servir de caution à cette dérive idéologique de notre société». Le message est clair : les trente-neuf soignants qui ont rédigé cette pétition, publiée lundi par Libération, dénoncent un «plan pour la psychiatrie aux conséquences dévastatrices», après les propos tenus par Nicolas Sarkozy le 2 décembre, sur un projet de loi réformant l'hospitalisation psychiatrique d'office. «Un pas vient d'être franchi, l'heure est trop grave pour que la résignation l'emporte», écrivent-ils. «Nous refusons de voir la question des soins psychiatriques réduite à un pur contrôle sécuritaire. »

Dans cet «l'Appel des 39»,initié ce week-end, sont présents des représentants de presque tous les syndicats de psychiatre, mais aussi des psychologues, des psychanalystes, des infirmiers. Ils sont réunis à l'initiative d'Hervé Bokobza, psychiatre à Montpellier, à l'origine des Etats généraux de la psychiatrie de 2003.

Dans ce projet de réforme, «les fondements même de la psychiatrie ont été attaqués avec la plus grande brutalité» dénoncent-ils. En quoi consiste ce projet ? Plusieurs axes principaux : il s'agit tout d'abord de réformer le processus de sortie des patients, décidée jusque-là par un médecin. Désormais, pour le président de la République, la décision appartiendra au préfet, après avis d'un groupe constitué d'un médecin traitant, d'un cadre infirmier, et d'un psychiatre extérieur à l'hôpital. Nicolas Sarkozy a suggéré également l'utilisation de bracelets électroniques pour les malades. La réforme comporte aussi l'instauration d'une obligation de soins pour toute personne présentant des problèmes mentaux, même «sans son consentement».

«Il aura suffit d'un fait divers dramatique pour relancer la politique de la peur, dont le projet de centres de rétention de sûreté, tout comme les soins sans consentement (...) sont le parachèvement», soulignent les soignants. En novembre, un étudiant avait été poignardé en pleine rue par un patient schizophrène qui avait fugué d'un hôpital grenoblois.

«En amalgamant la folie à une pure dangerosité sociale, en assimilant la maladie mentale à la délinquance, est justifié un plan de mesures sécuritaires inacceptables», selon les psychiatres. Ils refusent ainsi des mesures qui laisseraient croire «que les personnes atteintes de troubles psychiatriques font bien plus souffrir la société que celle-ci ne les aliène ».

Et de citer des chiffres du rapport de la commission Violences et santé mentale, selon lesquels, en 2005, sur 51 411 mis en examen, 212 personnes ont bénéficié d'un non-lieu pour irresponsabilité pénale, «c'est-à-dire 0,4% des crimes et délits», soulignent-t-ils.

Nous «refusons de trahir notre responsabilité citoyenne et notre éthique de soins dans des compromissions indignes et inacceptables», insistent-ils. Et de menacer à mots couverts : « Faudrait-il que nous entrions en résistance, par la désobéissance civile ? »

Le Figaro 16 décembre 2008  

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