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Psychiatrie : les fugues des malades sont fréquentes

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Écrit par Le Figaro   
25-11-2008

Plusieurs affaires ont mis en lumière les failles de la prise en charge des patients dangereux.

Le dernier mur d'enceinte de l'hôpital Sainte-Anne, à Paris, sera démoli mardi, mettant un point final à la politique d'enfermement des malades mentaux d'avant-guerre. Tout un symbole, à l'heure où les ministères de la Santé, de la Justice et de l'Intérieur préparent leur réforme de l'hospitalisation sous contrainte. Aujourd'hui, l'hôpital psychiatrique, dont les failles viennent d'être pointées à l'occasion du drame de Grenoble, cherche un nouvel équilibre entre prise en charge humaine des malades et nécessaire protection de la société. «Sauf à sombrer dans le tout-sécuritaire, on ne peut empêcher les fugues», témoigne Dominique Valmary, directeur de l'hôpital Le Vinatier, à Lyon. Ici, comme dans la plupart des institutions françaises, la liberté de mouvement est aujourd'hui largement privilégiée : pas d'unités aux portes fermées, mais des services ouverts, avec des chambres d'isolement sécurisées pour les patients en crise. Et des malades autorisés à sortir dans le parc, seuls ou accompagnés, dès qu'ils sont stabilisés, conciliants et calmes. Du coup, les fugues sont fréquentes. «Dès que le cas se présente, les recherches sont lancées dans le parc par notre équipe de sûreté et la police est immédiatement prévenue», précise le directeur. Ailleurs, ce sont les infirmiers eux-mêmes qui partent, toutes affaires cessantes, dans l'ambulance du service à la recherche du fugueur. Mais il arrive aussi, paradoxalement que la fugue entraîne la levée pure et simple de l'hospitalisation d'office. Autrement dit le patient est dehors et il y reste.

 

Sorties accordées à l'essai

Mais c'est généralement à l'occasion des sorties accordées à l'essai que les patients s'enfuient. La mesure, à visée thérapeutique, est proposée par le médecin traitant et accordée par le préfet. Ce dernier, qui peut demander un contre-avis médical, doit toutefois se contenter d'informations sommaires et souvent peu explicites pour se prononcer. «L'administration n'a accès ni à l'histoire du patient, ni à ses antécédents, mais au seul événement qui a conduit à son hospitalisation d'office», confirme un directeur d'hôpital.

En psychiatrie, les «122» - le nom donné par les infirmiers aux patients déclarés pénalement irresponsables - sont pris en charge strictement de la même manière que les autres malades. Après la mise au point du traitement médical et une période d'observation, les premières tentatives de réinsertion peuvent intervenir très vite. « Elles sont en fait quasiment systématiques», confie une infirmière psychiatrique, citant l'exemple d'un schizophrène de 25 ans, à l'origine de deux tentatives de meurtres, qui continuait «sa fixation sur les couteaux et les hachoirs». Le jeune homme a fugué à l'occasion de son premier congé d'essai. Retrouvé par hasard par la police, il a été renvoyé à l'hôpital psychiatrique. «Son médecin a demandé un nouveau congé moins deux semaines plus tard !», selon l'infirmière. Un second avis a cependant été demandé par le préfet.

«On a peut-être poussé trop loin la logique de la réinsertion à tout prix, sans avoir les moyens de cette politique de soins en ville», avance une infirmière psychiatrique. Mais ce diagnostic est réfuté par le corps médical, comme par les directeurs d'institutions, qui redoutent la tentation d'un retour à l'enfermement systématique des patients. Depuis la mort de Luc Meunier à Grenoble, comme après le double meurtre de Pau, les psychiatres répètent ainsi que moins de 1 % des patients schizophrènes sont dangereux pour la société. «Statistiquement, le malade mental au sens large - en comptant les toxicomanes en crise de manque, les caractériels et les paranoïaques - est à peine plus dangereux que la personne dite normale, assure le Dr Norbert Skurnik, chef de service à l'hôpital parisien Maison- Blanche. Bien sûr, on peut réfléchir et améliorer la prise en charge. Mais, en se focalisant de manière excessive sur un drame, qui relève de l'exceptionnel, les pouvoirs publics risquent de réveiller dans la population la peur ancestrale du fou qui a fait de lui un souffre-douleur pendant des siècles.»

Le Figaro 24 novembre 2008

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