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Une plaie vivante

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Écrit par Isabelle FROMANTIN   
16-04-2008

Une Plaie Vivante, une infirmière experte en plaies et cicatrisation raconte

plaie pansement infirmière experte isabelle fromantinCet ouvrage n’a pas la prétention d’être une œuvre littéraire ou un manuel incontournable, encore moins un roman à sensation ou un texte de référence. Il est une histoire, celle d’un parcours professionnel. Il est aussi des tranches de vie, celles de malades atteints de cancers. Il est enfin technique et tente d’expliquer les grands concepts du soin des plaies chroniques et complexes, de façon pratique et quotidienne.

L’idée d’écrire ce livre est venue des professionnels. Nombreux sont les mails reçus dans ma boîte me demandant : comment devient-on expert ?, Madame X a une plaie tumorale qui sent très mauvais, que puis-je faire ?, j’aimerais monter une consultation infirmière, comment m’y prendre ? J’ai souvent eu l’impression de n’avoir pu donner que des réponses très partielles ou incomplètes et au final insatisfaisantes. Trois cents pages après et le bouquin terminé, j’espère avoir été plus efficace, pour ceux et celles qui m’ont écrit.

Le livre débute dans une Unité Mobile de Soins Palliatifs : des malades, leurs maux et parfois leurs plaies.
« Madame B est assise dans la salle d’attente des consultations. Agitée, le regard fixe, enfoncée et ailleurs, on devine bien l’effort qu’elle fait pour rester ici et la précarité de sa situation. Chaque soignant ou patient  qui passe devant elle ne peut s’empêcher une moue, un regard étonné ou encore un rire, mal à l’aise. Car une odeur de pourriture inonde la salle entière, putride ». (extrait du livre Une Plaie Vivante)

Alors que les escarres et lésions tumorales font partie de notre quotidien, les pansements dits « modernes » me sont presque inconnus :
« Étonnée, je m’intéresse un peu plus à ce qu’il me propose. Je ne connais aucun de ces pansements : alginate, hydrogel, hydrocellulaire. Ces produits agissent différemment que les pansements traditionnels. Ils ont un taux d’absorption élevé pour la plupart et respectent la théorie de la cicatrisation en milieu humide.
Jusqu’alors, une plaie sèche et croûteuse me semblait en bien meilleure voix de cicatrisation qu’une plaie humide et suintante. Je lis les documents qu’il m’a donné et ne peux que m’incliner : il semble réellement prouvé qu’il faille un peu de chaleur et d’humidité pour cicatriser plus vite. » (extrait du livre Une Plaie Vivante)

Propulsée (un peu malgré moi !) dans des congrès de Plaies et Cicatrisations, j’écoute, j’apprends et rencontre des spécialistes :
« Il est minuit et demi. Tout d’un coup, par le hublot, j’aperçois des lumières de toutes les couleurs au milieu d’un grand horizon noir autour duquel rien ne semble exister ou bouger. Dans l’avion, on nous demande d’attacher notre ceinture car nous allons bientôt atterrir. Je suis contente d’arriver car le voyage m’a semblé bien long. Depuis ma mission en Afrique, j’ai un peu de mal à prendre l’avion et ces quelques onze heures de vol m’ont semblé interminables, malgré l’escale. Et puis, je ne viens pas m’amuser mais travailler. Et je ne sais pas si les quarante heures de cours d’anglais, payées par l’Institut le mois dernier, me suffiront à comprendre les conférences et tenir quelques conversations avec mes collègues américaines. La porte s’ouvre sur le tarmac et une bouffée d’air chaud me saute au nez. C’est incroyable, je n’aurais jamais cru que « mes plaies » m’amèneraient jusqu’ici. Nous sommes au mois d’Avril 2001 et je suis à Las Végas ». (extrait du livre Une Plaie Vivante)

Chaque jour, des plaies différentes et une multitude de pansements différents. Il faut choisir celui qui correspond le mieux à chaque situation et chaque malade :
« La télé marche non-stop et des hamburgers à moitié mangés sont étalés de la table de nuit à la table de malade à côté de quelques restes de milk-shake à la vanille et à la banane. La jeune patiente est beaucoup plus à l’aise avec nous et a pris l’habitude de se concentrer sur ses feuilletons alors que nous nous occupons de ses plaies. Son objectif est de cicatriser, nous en avons longuement parlé ensemble. D’ailleurs, elle s’y attarde beaucoup plus que sur le diagnostic et le pronostic même de sa maladie.
Pour nous aider, nous avons réussi à convaincre la direction des soins de louer un lit fluidisé. Ça n’a pas été sans mal, non seulement à cause du prix de la location, mais aussi pour des problèmes très pratiques : à raison d’un poids de plus d’une tonne, il a fallu vérifier que le matériel puisse être monté par l’ascenseur et ne pose pas de soucis pour les sols ! Des lll répartiteurs de poids ont donc été livrés par le fabriquant » (extrait du livre Une Plaie Vivante)

De fil en aiguille, un projet de consultation infirmière en Plaies et Cicatrisation est rédigé et présenté à la Direction de l’établissement. Soutenu par la Direction des Soins, il voit le jour :
« Ça va faire la sixième fois que l’infirmière générale me fait revoir et corriger la rédaction de mon projet de mise en place de consultation infirmière. Heureusement, les rapports successifs qu’elle me rend sont de moins en moins bariolés de rouge. Et puis, je m’accroche au fait qu’elle ne serait pas si pointilleuse si elle n’y croyait pas vraiment elle-même. » (extrait du livre Une Plaie Vivante)

Mais ce n’est que le début de l’aventure, des rencontres et des connaissances à assimiler progressivement :
« Le débat s’oriente immédiatement sur la bactériologie, l’application d’antibiotique et la pertinence à réaliser des écouvillonnages. Cette unique divergence entre nos deux exposés n’a pas échappé à nos auditeurs. Je défends ma position, non pas par orgueil, mais par conviction. Le traitement local de la plaie ne peut pas être envisagé indépendamment de la chimiothérapie et de ses effets secondaires ou risques éventuelles (aplasie fébrile). Sue, de son côté, priorise le confort ». (extrait du livre Une Plaie Vivante)

Ce livre est aussi et enfin une histoire pleine de belles rencontres et de belles personnes, parfois simples, étonnantes ou émouvantes. Il est un remerciement destiné à tous ceux ayant aidé, d’une façon ou d’une autre, à construire la consultation plaies et cicatrisation de l’Institut Curie. Il est aussi un petit clin d’œil à ceux qui persistent encore à cantonner notre métier d’infirmière à une simple délégation de gestes techniques, répétitifs et basiques.

« Une Plaie Vivante » est vendu exclusivement sur Internet, sur le site de La Fondation Littéraire Fleur de Lys (éditeur canadien, à but non lucratif) : www.manuscritdepot.com

• Paiement sécurisé en ligne ou par chèque.
• Disponible sous format papier (19 €) ou par téléchargement numérique (5 €)
• Expédié par courrier postal, sans frais de port pour la France métropolitaine et le Canada.

Isabelle Fromantin, Infirmière expert Plaies et Cicatrisation  Institut Curie, Paris 5ème
Journée de la Plaie 2008

Article paru dans le n° 24 (janvier 2007) de la revue de la Coordination Nationale Infirmière (CNI)

Au sujet de l'auteur

plaie vivante isabelle fromantin infirmière experte institut curie Isabelle Fromantin est née en 1970, à Nantes. Décidée depuis le plus jeune age à devenir infirmière, elle obtient son Diplôme d’État en 1992, à Paris. Sortie de l’école, elle part en mission humanitaire au Togo du Nord, dans un hôpital d’enfants, pendant plus d’un an. À son retour, elle est embauchée selon ses souhaits à l’Institut Curie (Centre de Lutte contre le Cancer, Paris). Elle connaissait déjà bien cet hôpital pour y avoir effectué des stages, ainsi que des remplacements d’été pendant ses études.
 

Elle travaille successivement dans les services d’oncologie pédiatrique et de chirurgie tête et cou avec beaucoup de plaisir et de satisfaction. Mais au bout de presque quatre ans, l’envie d’apprendre et de changer de secteur d’activité se fait sentir malgré son attachement à son équipe. Alors qu’elle envoie ses premières lettres de candidatures, l’Institut Curie lui propose de rester et participer à la création d’une nouvelle Unité Mobile de Soins Palliatifs. Nous sommes en 1997 et ce type de structures commence à se développer. Il n’en existe pas encore dans les Centres anti-cancéreux.
 

Après réflexion et discussions avec les initiateurs de ce projet, elle accepte, se forme auprès d’équipes spécialisées d’hôpitaux publics parisiens et se lance dans cette aventure originale. Tout est à créer et à construire. L’équipe est réduite dans un premier temps à son strict minimum : un médecin, une secrétaire et une infirmière. Elle s’étoffera par la suite et est à l’heure actuelle une structure importante et rodée, intégrée dans un Département de Soins de Support.
 

Cette étape lui fait découvrir une autre façon de travailler, en lien avec l’extérieur, avec une nécessité de formation continue, recherches bibliographiques, participations à des groupes de réflexions, groupes Ballint, etc. Ce parcours est riche de rencontres et d’enseignements, notamment auprès des toutes premières infirmières cliniciennes françaises. Parallèlement, elle donne quelques cours en école d’infirmière, tente d’écrire ses premiers articles, apprend tout doucement à communiquer….
 

Dans son quotidien, elle se heurte au problème récurrent des plaies chroniques et notamment, celle des plaies cancéreuses. Elles sont une grande source d’inconfort pour les malades dont elle a la charge et malgré toute sa bonne volonté, elle n’arrive pas à trouver réponse à cette difficulté. Doucement, elle cherche et fouille, rencontre des laboratoires et rédige des premiers protocoles, imparfaits. C’est en se rendant à la Conférence Nationale des Plaies et Cicatrisations (CPC) et au contact de la Société Française et Francophone des Plaies et Cicatrisation (SFFPC) qu’elle décide de se consacrer à ce symptôme, aux plaies chroniques en oncologie. Là encore, tout est à faire.
 

Avec le soutien de son chef d’Unité, de son Infirmière Générale et des conseils de la SFFPC, elle se forme (autodidacte) et monte un projet de création de consultation infirmière spécialisée en plaie chronique. Cette nouvelle activité verra officiellement le jour en 2001. Depuis lors, la consultation s’est réellement implantée et développée, notamment vers des projets de recherches et de formations. Isabelle Fromantin est devenue trésorière de la SFFPC, enseigne en autre au Diplôme Universitaire de Plaies et Cicatrisations à Paris et écrit de nombreux articles relatifs à cette spécialité.

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Dernière mise à jour : ( 06-10-2010 )
 
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